Merci à Alix AMBROISE
Sr., descendant direct de notre général de l'armée
d'indépendance, qui a bien voulu nous communiquer les renseignements qui
suivent. La fin tragique de Magloire Ambroise y est racontée selon une
tradition familiale pieusement conservée.
Cette discordance avec
l'histoire officielle peut être résolue en répondant à une seule
question :
où est inhumé Magloire Ambroise ?
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MAGLOIRE AMBROISE, Noir de St-Domingue, naquit vers 1745 sur l'habitation
Pasquet, commune de Jacmel, de parents esclaves originaires du Bas-Congo.
Affranchi très jeune le 20 juillet 1749, il acheta le 13 décembre 1785, de
la veuve Victoire LeMoyne -- qui, de retour en France, liquidait ses biens -- la
négresse Émilie, de sa tribu, de qui il avait déjà trois enfants : Marie-Rose Eugénie,
Louis-Philibert et Marie-Louise. Il l'épousa le 10 janvier 1786.
Magloire Ambroise s'incorpora comme soldat dans la gendarmerie et fut promu
sous-lieutenant de la Légion de l'Égalité de l'Ouest et affecté au corps
des dragons. Comme tous les Anciens Libres du Sud, il manifesta de
l'attachement pour Louis Jacques Beauvais. A l'approche de la guerre du
Sud (1799-1800), il aida Borno Déléard, lieutenant du général Louis
Jacques Beauvais, à repousser les agressions de Mamzelle et de Joseph
Acquart, deux sbires soudoyés par le général en chef Toussaint Louverture,
contre la région de Marigot. Puis il résista aux canonnades de la ville de
Jacmel entreprises par les généraux Romain, Dessalines et Christophe.
La population étant affamée et ne pouvant plus tenir, la ville martyre tomba
aux mains des Louverturiens. Disgracié, Magloire Ambroise fut conduit
aux Cayes, dégradé et enrôlé comme simple soldat dans la 4ème
demi-brigade.
Il n'y resta pas longtemps, car il alla reprendre à Pasquet la culture de ses
terres.
Magloire Ambroise devint alors un nègre marron en 1802 et alla se placer
volontiers sous les ordres du chef de bande Lamour Dérance qui s'était
autoproclamé général de division commandant en chef des départements de
l'Ouest et du Sud de Saint-Domingue français (sic). Lamour Dérance,
un rigaudin, avait en tête de libérer Jacmel de la tutelle française.
Cette tâche sera confiée à Magloire Ambroise qui fit le siège de cette
ville du mois de juillet 1802 au 17 septembre 1803, date de la capitulation
des généraux Pageot et Dieudonné Jambon qui défendaient le bourg.
Fatigué des harassements de Lamour Dérance qui lui envoyait des officiers
subalternes qui ne voulaient pas se soumettre à son autorité, Magloire
Ambroise finit par reconnaître l'autorité de Jean-Jacques Dessalines après
une entrevue qu'il eut avec lui au Cap-Rouge. Dessalines l'éleva au
grade de général de brigade, ainsi que Pierre Cangé qui venait de libérer
Léogane et qui était venu participer au siège de Jacmel
Il signa l'Acte de l'Indépendance d'Haïti aux Gonaïves.
Après l'indépendance
:
- Il fit ériger un fort au Cap-Rouge, le fort Ogé, nom d'un brave
officier qui s'était fait distinguer à Jacmel durant la guerre civile.
- Il fut Conseiller d'État et administrateur des finances de Jacmel durant le
premier empire.
- Sur l'ordre de Dessalines il accueillit et assista Francisco Miranda venu
chercher de l'aide à Jacmel pour aller soulever la Côte Ferme [NDLR :
actuel Vénézuela].
- Il s'empressa de prêter main forte à Magny qui s'était trop exposé
sous les remparts de Santo-Domingo durant le siège de cette ville.
- Il participa à la défense de la ville de Port-au-Prince assiégée par
l'armée de Christophe après la défaite des républicains à Sibert. A
ce moment-là, le sort de Pétion étant inconnu, Magloire Ambroise devint général
de division intérimaire commandant le département de l'Ouest. Il sera
officiellement confirmé dans ce grade le 19 mars 1807.
- Député de Jacmel à la chute du premier empire et membre de l'assemblée
constituante qui proclama la république l2 27 décembre 1806.
- Nommé sénateur le 18 décembre de la même année, il présida le Sénat
le 21 janvier 1807.
Accusé de complot contre la sûreté intérieure de l'État après la
conspiration de Yayou dont il était l'ami intime, il se rendit à Jacmel
laissant Port-au-Prince le 5 décembre 1807. Il y allait pour prendre définitivement
congé des siens, le général Bonnet l'ayant remplacé dans cette ville.
Le président Pétion dépêcha à sa trousse les généraux Gédéon et
Laverdure auxquels se joignit Marion qui commandait Léogane. Arrivé
à un endroit nommé Cabaret-Carde, entre l'habitation Pasquet et la plaine de
Léogane, Magloire Ambroise fut pris en étau entre le détachement qui
le suivait et des officiers dépêchés de Jacmel par Bonnet. À
cet endroit, le Héros de Jacmel fut arrêté, garrotté et fusillé sans
autre forme de procès. L'historien Beaubrun Ardouin, un fervent admirateur du
président Pétion, soutient plutôt la thèse du suicide du général à
la prison de Jacmel où il aurait été interné après son arrestation, après
qu'il aurait ingurgité un poison à lui tendu par son propre médecin, le
docteur Élie.
Après la disparition du général Magloire Ambroise, Bonnet s'empara de
l'établissement commercial qu'il possédait associé à son fils
Louis-Philibert et connu sous la raison sociale "Ambroise & Co."
Celui-ci, ainsi que d'autres commerçants de la place trop proches du général
Ambroise, fut conduit sut la place de Jacmel et fusillé. Bonnet céda
le magasin à son gendre Brisson Aîné et le rebaptisa sous la raison sociale
"Brisson & Co."
La famille dut fuir Jacmel pour éviter d'autres sévices et représailles de
Bonnet. Elle n'y revint que lorsque Pétion, frappé d'une fièvre
maligne, allait mourir (1818). Les enfants de Louis-Philibert Ambroise,
nous citons Henriette, Louis-Marcellin et Jean-Philibert, devenus
majeurs, adressèrent une demande au président Boyer en vue de récupérer
les biens de leurs parents. Mais Boyer n'agréa pas leur pétition.
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