Yayou

Sénateur Général, signataire de l'Acte de
l'Indépendance
Né vers 1779 à la Grande-Rivière du Nord, mort à
Léogane fin août 1807
Yayou appartient à la dernière période de Révolution.
Natif de la Grande-Rivière du Nord, il fait ses armes avec un ancien
commandant de la Grande-Rivière, Sans-Souci, sous Toussaint-Louverture. Il
suit ce dernier qui, à la tête des cultivateurs lève l'étendard de
l'insurrection dans le Nord peu après le lancement de la campagne de
désarmement ordonnée par Leclerc en juillet 1802, un mois après la
déportation de Toussaint Louverture. Courtisé par Dessalines qui cherche
à prendre le commandement en chef d'une armée unifiée devant mener la
lutte de libération nationale, il se laisse gagner par l'autoproclamé
général en chef qui l'élève au grade de général de brigade à
l'occasion de son voyage dans le Nord en décembre 1802. Retenu à la
Grande-Rivière pour coordonner la lutte contre la réaction
"Congo", il ne participera pas au combat de Vertières.
Après la signature de l'Acte d'indépendance aux
Gonaïves, il regagne son poste à la Grande-Rivière pour être rapidement
transféré à Léogane à la demande de Christophe, qui le déteste. Tenu
en dehors du mouvement de conspiration qui se trame contre Dessalines, il
paraît d'abord disposé à marcher contre les insurgés. Une rencontre avec
Lamarre et Gérin l'ébranle, mais le laisse indécis. Une autre avec
Pétion finit par le gagner au mouvement.
Signataire du manifeste «Résistance à l'oppression»,
il devint une des chevilles ouvrières de la conspiration avec Gérin, Vaval
et Pétion. Présent à l'embuscade du Pont-Rouge, le 17 octobre 1806, Yayou
signe doublement le meurtre de Dessalines en plongeant trois fois son
poignard dans le corps expirant de la victime déjà atteint par une
décharge de mousqueterie.
Élu sénateur, aux termes de la Constitution du 27
décembre 1806, il prend une part importante dans la défense de
Port-au-Prince contre Christophe, architecte de la guerre civile
déclenchée le 1er janvier 1807, jour anniversaire de l'Indépendance. Le
courage et la qualité de commandement qu'il a déployés à un moment où
tout semblait s'écrouler en l'absence de Pétion réfugié à Mariani
pour échapper à ses poursuivants, lui vaut d'être appelé le sauveur de
Port-au-Prince. Aux élections du 9 mars au Sénat pour désigner un
président de la République,
Yayou, devenu sénateur, obtient une voix, à égalité
avec Gérin et Magloire Ambroise, alors que Pétion, le vainqueur, l'emporte
par 13 voix. Promu divisionnaire de la division de l'Ouest, comptant les
arrondissements militaire de Port-au-Prince et de Léogane, le fougueux
enfant de la Grande-Rivière laisse libre cours à ses ambitions.
Indépendant jusqu'à l'imprudence, il fait le jeu de Christophe, le chef de
l'État du Nord, en entretenant avec lui une correspondance sans en informer
le président Pétion. On signale même la présence d'espions dépêchés
par Christophe auprès de Yayou. Mais tout n'est pas que rumeurs.
L'entreprenant Sénateur-Général cherche une alliance avec Magloire
Ambroise commandant les 22 et 23è demi-brigades cantonnées dans l'arrondissement
de Jacmel. Le soulèvement appréhendé éclate en juillet 1807. Mais
Pétion est vigilant.
Isolé, Le Sénateur-Général n'a d'autre choix que de
se retirer de la ville avec ceux de ses 1 900 soldats et 200 cavaliers
voulant bien le suivre. Ses riches propriétés sucrières de Momance et de
Dufort sont pillés puis saccagées. Vers la fin du mois d'août, quatre de
ses complices sont arrêtés et acheminés sur Port-au-Prince. Réfugiés
dans les hauteurs de Léogane, à la Crête à Piquant où se dresse le fort
Campan, son oeuvre, il est tué au cours d'un échange de feu avec ses
poursuivants.
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| Vue du comté de Yayou |
Vue de Campan sur
Léogane |
Vue de Campan sur la
rade de Port-au-Prince |
Pour rappel :
Lieutenant de Sans-Souci, nommé en janvier 1803 commandant de la Grande Rivière du Nord.
- Signataire de l'Acte de l'Indépendance comme Général de Brigade.
- Commandant de l'arrondissement de Léogâne en remplacement de Cangé.
Porta la main sur Dessalines au Pont Rouge. Christophe essaya de le rallier à sa cause, mais il alla du côté de Pétion. Devint Sénateur de Port-au-Prince en Décembre 1806. Prit part à la bataille de Sibert et sauva Port-au-Prince le 1er janvier 1807.
Le 19 mars 1807, général de division et commandant des arrondissements de Port-au-Prince et de Léogâne. Prit les armes contre Pétion et, traqué, périt fusillé dans les montagnes de Léogane, dans les parage du fort Campan aux premiers jours d'août 1807.
Le fort Campan fut commencé en 1804 par Cangé, et achevé par le général Yayou. Ce dernier, sénateur, surnommé le Brutus d'Haïti, y a été fusillé en 1807; c'était un des signataires de l'acte
de l'indépendance d'Haïti.
Semexant Rouzier T.1 p.164
- Rulx Léon "Simples Propos d'Histoire Éditions: Henri Deschamps 1979 p.100