Alexandre Davy Dumas
l'Horatius Coclès du Tyrol

Jérémie a vu
naître en 1762 le général Alexandre Davy Dumas, surnommé l'Horatius Coclès du Tyrol,
- père d'Alexandre Dumas, l'inépuisable romancier,
- grand-père d'Alexandre Dumas, l'académicien, le puissant dramaturge.
Il naquit à Jérémie plus précisément à la Guinaudée.
L'habitation Madère, une des plus pittoresques d'Haïti et située en la section rurale de la
Basse Guinaudée, commune de Jérémie, est le lieu d'origine de l'illustre famille des Dumas.
- Là, en 1762, prenait naissance, Davy Dumas, fils du Marquis de la Pailleterie, colon français et de Tiennette (plutôt Céssette) Dumas, négresse affranchie.

Davy Dumas répudia le nom noble de son père, pour adopter celui plu que plébéien de sa pauvre Mère, à peine sortie de l'esclavage et qu'il aimait de l'amour le plus tendre et le plus profond.
Cependant, jeune homme, il suivit son père en France où, dans les fameuses guerres de la République, il devint général, aux côtés des Hoche, des Marceau, des Moreau, des Kléber, des Desaix, des Massena et des Kellermann
- La fougue, l'intrépidité et la force musculaire du mulâtre extraordinaire et étonnant, le firent surnommer l'Horatius Cocles du Tyrol, grâce à ses prouesses héroïques et l'on pourrait dire titaniques.
- Le général Dumas a été de l'expédition d'Egypte avec Bonaparte. Ses frasques chevaleresques vis-à-vis du général en chef sont proverbiales.
- En revenant d'Egypte, en 1798, il fut capturé et fait prisonnier, en Italie, où il souffrit de très dures privations. Il mourut en France en 1806
Le fils du général Dumas, le fécond et célèbre romancier dramaturge français, Alexandre Dumas naquit à Villers-Cotterêts, dans l'arrondissement de Soissons, Département de l'Aisne en 1803.
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1789 - Année historique : le 11 août les autorités et quelques notables de Villers-Cotterêts demandent au Bailli, le Comte de BARBANCON d’intervenir auprès du Ministre afin d’obtenir un détachement de 20 à 25 dragons d’un régiment de la Reine, pour assurer la protection des marchés et des récoltes. Satisfaction est obtenue, le 15 août un détachement commandé par le Comte deTERMONT arrive à Villers-Cotterêts. Les hommes sont logés chez l’habitant.
Un homme de couleur, immense par sa taille, possédant une force herculéenne loge à l’Ecu de France, hôstellerye de Claude LABOURET. Ses camarades disent que ce n’est pas son vrai nom. Marie-Louise LABOURET tombe amoureuse du beau militaire et réciproquement. Mais LILLE est menacée, après la défaite de DUMOURIEZ à NEERWINDEN, ce corps occupe les avant postes de la Madeleine près de LILLE. Le Général DUMAS qui vient de gravir très rapidement de nombreux échelons, est nommé à l’armée des Alpes et d’Italie, il s’illustre par sa bravoure au pont de CLAUSEN ( ou KLAUSEN ).
- Il faisait partie de la Légion Franche à cheval des Américains et du Midi,
établie par décret du 7 décembre 1792, composée de 4 escadrons soit 724 officiers et soldats.
Un Colonel : SAINT-GEORGES ( Joseph BOULOGNE ),
de 2 Lieutenants Colonels : La ROCHE-CHAMPREUX et DUMAS Thomas Alexandre DAVY de LA PAILLETERIE.
Notons que SAINT-GEORGES, mulâtre, était le fils naturel de Nicolas de BOULOGNE. Le patronyme du père figure donc dans l’annuaire au même titre que LA PAILLETERIE pour DUMAS.
1792 - Mariage avec Marie-Louise Elisabeth LABOURET ( contrat de mariage du 28 novembre 1792 ), contribua indirectement à de tels liens sociaux, à partir du jour où le Général DUMAS devint cousin par alliance de Jean-Michel DEVIOLAINE, personnage important dans la région, par sa qualité de grand patron de la forêt de Villers-Cotterêts
( Monsieur DEVIOLAINE était le cousin de Madame DUMAS ).
1739 - Mariage : LABOURET - FLOBERT en 1739
nombreux enfants dont :
1/ Madeleine Nicole LABOURET Claude LABOURET
o 1746 né en 1743
x 1769 Louis Marie BRUYANT épousa en 1767 Marie-Joséphe PREVOST
descendant descendant
1/ Louise Cécile BRUYANT Marie-Louise LABOURET
qui épousa Jean-Michel DEVIOLAINE qui épousa le futur Général DUMAS en 1792
1794 - Le 16 août 1794, trois semaines après le 9 thermidor, après la fin de ROBESPIERRE et la brève arrestation de BONAPARTE, DUMAS est envoyé sur un théâtre d’opérations :
- La France de l’Ouest où trois armées se partagent deux tâches ; la pacification et la prévention d’un débarquement Anglais,
la répression ne convient guère au Général DUMAS, il demande à être déchargé de ce fardeau.
Le Général DUMAS revient quelques jours à Villers-Cotterêts auprès de sa femme et de sa fille,
- Marie Alexandrine Aimé née le 10 septembre 1793.
Ensuite le Général est chargé du commandement d’une des deux divisions
- sous l’autorité de KILMAINE,
- ensuite de SERURIER, font le siège de MANTOUE, dans la plaine de PÔ ( Italie ),
où depuis sont enfermés 25 à 30.000 Autrichiens.
1797 - Au lendemain d’un combat ( 16 janvier 1797 ), où il s’était conduit vaillamment,
DUMAS exprime son indignation à propos d’un rapport de BERTHIER à BONAPARTE,
qui amoindrissait son rôle dans la bataille.
DUMAS heurte BONAPARTE, celui-ci ne l’oubliera jamais et BERTHIER montrera de l’animosité envers DUMAS.
Peu après il commande deux divisions et se place sous l’autorité de JOUBERT à TRENTE.
Il passe donc de la VENITIE au TYROL.
- Objectif le col de BRENNER.
Les soldats de JOUBERT et de DUMAS, remontent d’abord le cours de la WEISS ( AVISIO ),
passent la vallée du Haut ADIGE, chargent à NEUMARKT, prennent BALZANO.
Quittant la vallée du Haut ADIGE, ils arrivent au pont de CLAUSEN, barricadé par l’ennemi.
C’est le célèbre combat du 27 mars 1797 où DUMAS sabre l’adversaire
‘’ comme un batteur en grange lève son fléau pour le faire retomber sur le blé ‘’.
Ce fait d’armes lui ouvre la route de la ville de BRIXEN.
Les tâches administratives succèdent aux combats :
- Le Général DUMAS et sa cavalerie stationnent dans la province de TREVISSE,
puis dans celle de ROVIGO.
1797 - Le traité de CAMPO-FORMIO est signé le 17 octobre 1797.
On pense à l’Angleterre et BONAPARTE rêve de l’Orient.
DUMAS rentre en France avec sa division, il retrouve sa famille, logiquement il devrait stationner en Normandie.
Il se retrouve à TOULON début mai, en qualité de Commandant de la Cavalerie
- en compagnie de dix autres Généraux de Division - - -
C’est l’EGYPTE. Le 19 mai,
les navires chargés de troupes quittent TOULON. On accoste à MALTE pour s’en emparer.
DUMAS envoie un courrier à son épouse où il exprime ses impressions sur l’expédition.
Le 1er juillet 1798, la flotte Française paraît devant ALEXANDRIE.
Les troupes débarquent, s’emparent de la ville, séjour d’une semaine,
- ils avancent lentement et mal ravitaillées vont vers le CAIRE,
elles entrent le 23 juillet après avoir livré la célèbre bataille des Pyramides.
Le découragement semble gagner la troupe.
DUMAS avait invité des Généraux à se réunir, des critiques qui reviennent aux oreilles de BONAPARTE.
1798 - Le 21 octobre 1798, un grand rassemblement du peuple se forme dans les rues du CAIRE.
C’est la révolte, le Général DUMAS à la tête de sa cavalerie contribue à rétablir l’ordre.
Il demande un congé à BONAPARTE,
- il l’obtient et embarque sur un petit bâtiment ‘’ la Belle Maltaise ‘’ avec le Général MONSCOURT,
le savant DOLOMIEU et d’autres français.
Mais les Autrichiens en Europe se sont renforcés, ainsi que les Russes, ils préparent l’offensive.
Le Général CHAMPIONNET a évacué ROME le 28 novembre 1798.
1799 - Le 7 mars 1799 le navire du Général DUMAS lève l’ancre.
La navigation est contrariée par le mauvais temps, les avaries surviennent obligeant les navigateurs à se diriger vers le port le plus proche : TARENTE sur la côte des POUILLES.
Au moment de l’accostage la France et l’Autriche sont en guerre.
Les passagers dont le Général DUMAS, ignorent la situation diplomatique et militaire du continent.
Ils sont retenus prisonniers.
En mai le Général DUMAS réussit à envoyer une lettre à sa femme à Villers-Cotterêts.
Il est prisonnier des Napolitains, mais il ignore le lieu exact de la détention.
Le Général BERTHIER ne daigne même pas écrire une lettre de sympathie à Madame DUMAS.
1801 - En février 1801, la paix intervient,
la libération début avril,
- il quitte BRINDISI, le 13 avril il est à ANCONE
- le 12 mai à FLORENCE, le 21 mai le Général DUMAS quitte FLORENCE pour LYON.
A PARIS il s’arrête chez son ami BRUNE.
Sa femme et sa fille sont venues l’y rejoindre et enfin le retour en Villers-Cotterêts.
Il demande le paiement de ses appointements, le Général BERTHIER alors Ministre de la guerre répond sèchement que la loi ne donne aucun droit au Général DUMAS ! !
Malgré le dévouement constant de sa femme et de ses proches la santé du Général reste préoccupante.
La famille quitte la maison de Lormet, pour s’installer au château des Fossés à HARAMONT aux environs de Villers-Cotterêts.
Puis elle va demeurer à ANTILLY près de BETZ.
1805 - Ces séjours à la campagne et une consultation chez CORVISART, médecin de NAPOLEON,
en octobre 1805 restent sans effet sur la santé du Général, il va en empirant, l’issue est proche,
le Général qui était revenu à Villers-Cotterêts, logeait ainsi que sa famille à l’hôtel de l’Epée,
1806 - Il y décède le 26 février 1806 à l’âge de 44 ans.
Il est enterré au cimetière de Villers-Cotterêts.
L’hôtel de l’Épée appartenait à PICOT
(dit PICOT de l’Épée, car il y avait trois PICOT : PICOT l’Epée, PICOT l’Avoué, PICOT de NOÜE ).
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Extrait des mémoires d'Alexandre Dumas, sur le mariage de ses parents :
Extraits des registres des actes de l'état civil de la ville de Villers-Cotterêts.
« L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, premier de la république française, le 28 du mois de novembre, à huit heures du soir, après la publication d'un ban fait à la principale porte de la maison commune, le dimanche 18 du courant, et affiché depuis ce temps à l'endroit à ce destiné , du futur mariage entre le citoyen Thomas-Alexandre Davy de la Pailleterie, âgé de trente ans et huit mois, colonel des hussards du Midi, né à la Guinodée , au Trou- Jérémie, en Amérique, fils de feu Alexandre-Antoine Davy de la Pailleterie, ancien commissaire d'artillerie, mort à Saint-Germain-en- Laye en juin 1786, et de feu Marie-Cessette Dumas, décédée à la Guinodée, près du Trou- Jérémie, en Amérique, en 1772, ses père et mère, d'une part ;
«et la citoyenne Marie-Louise-Elisabeth Labouret, fille majeure du citoyen Claude
Labouret, commandant la garde nationale de Villers-Cotterêts et propriétaire de l'hôtel de l'Ecu, et de Marie-Joseph Prévot, ses père et mère, d'autre part ; « Lesdits domiciliés, quant au futur en garnison à Amiens, et quant à la future en cette ville. Vu aussi leurs extraits de naissance, ne s'étant trouvé aucune opposition, je, Alexandre-Auguste-Nicolas Longpré, officier municipal et public de cette commune, soussigné, ai reçu la déclaration demariage des susdites parties et ai prononcé au nom de la loi qu'elles étaient unies en mariage. Le tout fait en présence des citoyens et des citoyennes :
« Louis-Brigitte-Auguste Espagne, lieutenant-colonel du 7e régiment des hussards en garnison à Cambrai, natif d'Auch, département du Gers ; « Jean-Jacques-Etienne de Bèze, lieutenant du même régiment des hussards natif de Clamecy, département de la Nièvre ;
« Jean-Michel Deviolaine, greffier-commis de la maîtrise et notable de cette ville, tous trois amis de l'époux ; « Françoise-Elisabeth Retou, belle-mère de l'époux, veuve de défunt Antoine-Alexandre Davy de la Pailleterie, demeurant à Saint- Germain-en Laye.
« Présents, le père et la mère de l'épouse, tous majeurs, lesquels ont signé avec nous et les parties le présent acte. « Marie-Louise-Elisabeth Labouret ; Thomas-Alexandre Dumas- Davy de la Pailleterie ; veuve de la Pailleterie ; Labouret. Marie- Joseph Prévot ; L.-A. Espagne ; Jean-Jacques-Etienne de Bèze ; J.-M. Deviolaine, et Longpré, officier public. »
Cela posé, que ni moi ni mon père n'étions bâtards, et en nous réservant de prouver, à la fin de ce chapitre, que mon grand-père ne l'était pas plus que nous, je continue..
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- Semexant Rouzier, T.III p.183
- La Révolution Française et Haïti, p360
- Babié, F. & Beaumont, L., “Galerie Militaire ou Notices Historiques sur les Généraux en Chef, Généraux de Division, etc….” (Paris An VIII) Tome 3e
- Johnson, David, “The French Cavalry 1792-1815” (London 1989)
- Derrécagaix, Général, “Nos Campagnes au Tyrol, 1797 – 1799 – 1805 – 1809” (Paris 1910)
- Herold, J. Christopher, “Bonaparte in Egypt” (London 1962)
- Panckoucke, “Victoires, Conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français, de 1792 à 1815” (Paris 1817) Tome II