Haïti

Jean FOUCHARD

FOUCHARD VATIN MARTINEAU ALCIDE BOURJOLLY GRANVILLE RIOBE TERLONGE
Cadet FOUCHARD
x
Ninotte FOUCHARD née VATIN Charles Clément Destinville MARTINEAU
x
Claire Jeanne Alcine MARTINEAU née ALCIDE Photo Eugène BOURJOLLY
x
Marie Victoire Jonathine BOURJOLLY née GRANVILLE Jacques Philippe RIOBÉ
x
Marie Louise RIOBÉ née TERLONGE
Callisthènes FOUCHARD
x
Amélie C. FOUCHARD née MARTINEAU Arthur BOURJOLLY
x
Bérénice BOURJOLLY née RIOBÉ
Catinat FOUCHARD
x
Clara FOUCHARD née BOURJOLLY
Jean FOUCHARD
Ecrivain
"Les marrons du syllabaire" (1953), "Les marrons de la liberté" (1972)
o samedi 2 mars 1912 Haïti, Port-au-Prince
+ dimanche 30 septembre 1990 Haïti, Pétion-Ville
(frères/soeurs:- Roger FOUCHARD- Daniel FOUCHARD- Joseph FOUCHARD- Robert FOUCHARD- Henri Catinat FOUCHARD- Marcelle Anne-Marie FOUCHARD- Max FOUCHARD- Guy FOUCHARD)
ax Haïti, Port-au-Prince, 06/12/1934, Claudette VIEUX

DESCENDANCE


Avec Claudette FOUCHARD née VIEUX
1 ) En vie / Living (17 octobre ****-)
2 ) En vie / Living (3 février ****-)

 

 

Principale source : JPM

Source externe

Généalogie d'Haïti et de Saint-Domingue
Estelle & Jean-Paul Manuel © 1998-2009.
AVERTISSEMENT : CE SITE NE PEUT ÊTRE CITÉ COMME RÉFÉRENCE CAR IL RASSEMBLE DES DONNEES AUX ORIGINES DIVERSES QUI N'ONT PAS PU ETRE TOUTES VERIFIEES.
N'HESITEZ PAS A SIGNALER LES ERREURS.

Corrections : haiti.saintdomingue @ gmail.com
Révisé le dimanche 20 juin 2010

 


22 mai 2007

Jean FOUCHARD

     
 

Figures de la critique haïtienne
Le précieux Jean Fouchard (1912-1990)

  Avant de devenir historien Jean Fouchard né à Port-au-Prince le 2 mars 1912, publia sa première étude critique au Temps-Revue de Charles Moravia; puis collaborateur et directeur à La Relève et à Haïti-Journal. Cette manière de s'exprimer, d'écrire, si enlevée, si précieuse, si prompte à renvoyer la balle, ça ne s'oublie pas. Sans La Relève, on ne voit pas comment Jean Fouchard eût s'imposé et percé, à coté d'une pléiade d'aînés, Thomas Lochard, Dr Jean Price-Mars, Richard Constant, Stephen Alexis, Léon Laleau, Max Hudicourt et d'une flopée de jeunes loups, Edner Brutus, René Piquion, Philippe Thoby Marcelin, Daniel Heurtelou, Alix Mathon, Anthony Lespès, Jules Blanchet, Franck Condé, Max H. Dorsainville ... Ce n'est pas toujours avec les meilleurs éléments que l'on fait les bonnes revues. Ce serait presque trop bien. La Relève fondée en 1932 par Jacques Carméleau Antoine, inféodée au président Sténio Vincent, était-ce une bouillie, une revue de propagande ou de création ? Avant d'y aller voir, disons que c'est une des meilleures revues haïtiennes, où l'on ne s'ennuie presque jamais et qui clouera le bec à ceux qui disent : «Ah ! L'intelligentsia haïtienne ? Vous y croyez ?» Oui, la preuve. Sublimé par des préoccupations où le lyrisme n'exclut pas la rigueur, il a continué de donner des articles jusqu'à un âge très avancé

Dans la réédition complète de son oeuvre «Regard sur le temps passé», publiée en 1988 par la Maison Henri Deschamps, le neuvième volume (Regards sur la littérature et ,...) regroupe quelques-uns de ses textes critiques. Dans cet ouvrage, on trouve des pages excellentes ; mais il arrive à l'auteur, comme à tout le monde, de relâcher son style, d'écrire sur commande, ce qui ouvre des brèches dans le jugement, par où notre lassitude parvient à se glisser. Avec son prodigieux vocabulaire, cet intellectuel racé utilise toutes les ressources tant verbales que conceptuelles d'une magnifique langue écrite et non parlée comme il est de bon ton de le prôner aujourd'hui, ce qui l'enrichit et l'honore. Peu connu du public comme critique, ce contre-point littéraire de son oeuvre était introuvable. Voilà une lacune comblée grâce à la Maison Henri Deschamps quoi nous embarque sur les canaux pour une dérive pleine de surprises. Le goût des mots. Porté par l'espoir de pénétrer plus avant dans la vérité de la culture, Jean Fouchard dans son temps, propulsé dans l'exercice du métier, activité frénétique développant ses tentacules, de la nouvelle à la critique, de l'histoire à l'essai, de l'animation culturelle à l'action purement politique, brassant la création intellectuelle comme la longue durée.

Du troublant Coriolan Ardouin à Oswald Durand, du maître-penseur (Jean-Price Mars aux auteurs vivants Jean A. Magloire, Christophe Charles, Gérard Raoul Rouzier, Ertha Pascal Trouillot et d'autres), il fait preuve d'un vrai sens de l'amitié. Ne comptez pas sur moi pour les extraits exemplaires relatifs à quelques-uns de ses livres cultes: Les marrons du syllabaire (1953), Les marrons de la liberté (1972)

La carrière d'un grand auteur est jalonnée de multiples roles. Certains remarquables, d'autres moins. Dans la vie de Jean Fouchard, il y a le succès et la peine, des réussites et des moments d'abattement. Il y a les présidents Sténio Vincent et Dumarsais Estimé (chef de bureau du cabinet particulier du président de la République (1953-1940) et commissaire général à l'exposition internationale célébrant le bicentenaire de la création de la ville de Port-au-Prince. Il y a deux grands journaux, La Relève et Haïti-Journal, et l'Exposition du Bicentenaire, Paris et l'Afrique, les grands boulevards et les désillusions de l'exil. Tout un siècle, fait de cris et d'espoirs.

Ce n'est pas que Jean Fouchard épris de culture française, soit un grand critique, que sa voix ait la lumière, l'énergie de celle des Brutus par exemple, mais il écrit très bien, très vif, très vite, comme tant et tant de publicistes et chroniqueurs à la première moitié du siècle. Et, qui plus est Jean Fouchard adore cela, écrire, dire quelques mots à la sortie des livres de ses amis. Collaborateur à la Revue de la Société haïtienne d'Histoire et de géographie, à la revue "Cahiers d'Haïti, aux journaux "L'assaut", "Le Petit Impartial", "Le "Nouvelliste" , "Papyrus", il se prend en jeu, il en rajoute, il fait plaisir. On ne saura échapper à son destin de séducteur quand le destin est de plaire et, servi par une vivacité nonchalante, de ne rien écrire sur les autres qui ne soit aimable.

Jean Fouchard vénéré par le cercle intellectuel et artistique n'en finit pas de souffrir d'être si gentil. Voilà lancé le fin mot de l'affaire: l'amitié fait mal. On se regarde jusqu'à épuisement dans le miroir. Dans le domaine de la critique, l'amitié, belle à croquer est la bête pourtant, elle porte malheur. Elle est fatale, glaciale ou attristante. Toutefois, de lui, on ne dira pas qu'il est un franc-tireur de la littérature. Séduire, plaire semble avoir toujours été sa grande ambition à ce niveau. Ministre plénipotentiaire à la Havane en 1946, il était extrêmement cultivé, d'une finesse inouïe. Membre de la Société haïtienne d'Histoire et de Géographie, il avait du cran et des yeux qui irisaient les regards et polarisaient l'attention. Tout était là.

C'est dans la recherche historique qu'il va s'illustrer dans le rôle de spécialiste sublime et incontournable de la période saint-dominguoise. Je me dois de préciser d'ailleurs, et ce n'est pas une formule précautionnelle, que tout le monde a toujours reconnu chez lui un écrivain de talent et un historien novateur. C'était un personnage immense, chaleureux, une nature extrêmement forte - même si il était du genre aristocrate. Nommé par arrêté en date du 22 février 1983 vice président du Conseil d'administration du Musée du Panthéon National Haïtien, il avait cet air hautain, paternel des timides. Je n'ai rencontré que deux ou trois fois Jean Fouchard, et l'homme m'a semblé aussi intéressant que des livres d'histoire. Quand l'ingratitude de notre temps, la rage bêtifiante et houleuse de la peur collective nous hante, l'impuissance, la médiocrité et la grivoiserie paralysent le désir de créer et l'amour du beau, il est bon de revenir auprès de Jean Fouchard pour éprouver ce qu'est la culture lettrée. D'une oeuvre à l'autre, il n'a travaillé qu'a fourbir avec plus d'élégance et de force les armes de la connaissance. La fascination qu'il exerçait sur les vieux comme sur les jeunes, sa disponibilité, sa grosse bibliothèque, sa puissance de séduction étaient présentes presque à son insu, qu'il joue ou qu'il n'en joue pas. Ce bavard, disparu à Port-au-Prince le 30 septembre 1990, qui accueillait ses visiteurs avec une courtoisie d'un autre temps, se voulait le frère en rêverie de tous les nostalgiques. Discret, presque musical, sur lui-même, il devenait disert dès qu'il évoquait ses amis, qu'ils fussent morts, comme Richard Constant, Léon Laleau chez qui il admirait le sens charnel et l'art de la séduction.
12 avril 1992

 
  Pierre-Raymond Dumas
E-mail:padreramondumas@yahoo.fr
Cell.: 557-9628

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=42473&PubDate=2007-05-22

 

 

Artistes et Répertoires des scènes de St-Domingue Imp. de l'Etat, Port-au-Prince 1955
Barbancourt nous conte son siècle (1862-1962) Manuscrit dactylographié
Bibliothèque privée Jean Fouchard - Documents inédits

Cahiers de Guinée (Révolution démocratique africaine) Conakry, Sept 1966
La Gerbe des Quatre Dits Port-au-Prince 1962
La Meringue, Danse Nationale d'Haïti Leméac, Québec 1973
Langue et Littérature des Aborigènes d'Ayiti Henri Deschamps, Port-au-Prince 1954
Le Théâtre à Saint-Domingue Imp. de l'Etat, Port-au-Prince 1955
Les Marrons de la liberté Henri Deschamps, Port-au-Prince 1953
Les Marrons du syllabaire: quelques aspects du problème de l'instruction et de l'éducation des esclaves et affranchis de Saint-Domingue Henri Deschamps, Port-au-Prince 1954 1988
Liens de sang et de culture entre Haïti et la Guinée. Options culturelles du Parti démocratique de Guinée. Révolution démocratique africaine, Conakry 1966
Plaisirs de Saint-Domingue: notes sur la vie sociale, littéraire et artistique Henri Deschamps, Port-au-Prince 1954, 1988
Regards sur la Littérature et ... Henri Deschamps, Port-au-Prince 1988
Regards sur le Temps Passé Henri Deschamps, Port-au-Prince
Regards sur l'Histoire Henri Deschamps, Port-au-Prince 1954 1988
Trois Discours Imp. de l'Etat, Port-au-Prince 1962