"Entré dans la Marine en 1760, a fait sa première campagne en
1761, pendant laquelle il s'est trouvé au combat de Lagose (sous Mr de la
Clue), où il reçut deux blessures qui mirent sa vie en danger pendant 18
mois. A cette occasion , il fut promu au grade d'Enseigne de Vaisseau.
En 1770 étant Lieutenant de Vaisseau, et Commandant de la Mignone,
pendant la guerre de Tunis, il bloqua avec cette corvette et sa conserve
port Farine, coula cinq corsaires du Bay (dont deux de 32 canons) et pris
part à l'arrivée de l'escadre de Mr de Bloves, au bombardement de Sousa.
En 1772, nommé Commandant de la Proserpine, il eut ordre d'aller
relever les cotes du Brésil, mission délicate, dont il s'acquitta de la
manière la plus distinguée. Les cartes et plans faits par cet officier,
pendant cette campagne qui dura 23 mois, sont considérées encore
aujourd'hui, comme un monument hydrographique et font partie de la belle
collection du Ministère de la Marine.
Il a fait la guerre de l'Indépendance en qualité de premier
Lieutenant du Vaisseau Amiral le Languedoc sous les ordres du Comte
d'Estaing, lorsque cette escadre battit l'escadre anglaise commandée par
l'amiral Biron et tint en échec celle sous les ordres de l'amiral Hawe
qu'elle forçait à évacuer la baie du Delaware.
Pendant cette même campagne Mr des Tourets se trouva à la malheureuse
et sanglante affaire de Savana [sic]; à la prise de la Grenade, de Saint
Vincent ainsi qu'à celle de Sainte Lucie, où il fut grièvement blessé
par un biscayen au moment où il venait d'atteindre le haut des remparts
à coté de l'Amiral d'Estaing. Cette blessure le retint pendant onze mois
dans cette isle. A son retour en France, il se rendit à Versailles où Mr
le Comte d'Estaing le présenta à sa Majesté Louis XVI ; en lui disant :
« Sire, j'ai l'honneur de vous présenter le Chevalier des Tourets, le
sauveur du Vaisseau amiral le Languedoc, et qu'une blessure reçue à mes
cotés sur les remparts de Sainte Lucie, a seule privée de l'honneur d'y
planter le drapeau Français » Le Roi accueillit Mr des Tourets avec la
plus flatteuse distinction en lui disant : « Mr des Tourets, encore une
campagne comme celle que vous venez de faire et votre famille comptera un
amiral de plus. » Mr d'Estaing lui ayant ensuite remis le brevet qui lui
conférait le grade de Capitaine de Vaisseau de Première Classe. Le Roi
s'adressant à l'Amiral, lui dit : « Je vous charge de recevoir Monsieur
des Tourets Chevalier de Saint Louis et de Saint Lazare; j'entends que sa
réception ait lieu en présence de l'Etat Major du Languedoc, témoin des
services qu'il nous a rendus »
Dun autre coté le Congrès Américain voulant reconnaître les
services qu'il venait de rendre à la République, lui conféra l'Aigle
d'Or de la Société de Cincinnatus, et le grand Washington l'honora d'une
lettre de compliments sur la brillante campagne qu'il venait de faire.
En 17.. il fut nommé Commandant de la Corvette d'Instruction du port
de Toulon et inspecteur des écoles de la Marine d'Alais et autres.
En 17.. ayant été promu Chef d'Escadre, il fut investit du
commandement de toutes les forces navales de sa Majesté des Isles d'Amérique
sous le vent, commandement qu'il exerça pendant deux ans.
Marié le 31 mars 1788, à Saint Domingue, avec Louise Marie Claudine
Le Bretton des Chapelles
Chargé en 1789 du Commandement de la station de Terre Neuve, il essuya
sur le grand banc, l'horrible ouragan qui a fait époque dans ces parages
sans perdre un seul vaisseau de son escadre composée de dix-huit voiles,
succès presque sans exemple, qui fut considéré dans le temps par tous
les marins comme étant entièrement du aux savantes manoeuvres qu'il
avait ordonnées pendant cette effroyable tempête qui bouleversa les
isles Antilles et engloutit plus de 1200 bâtiments de toute Nation.
A son retour à Toulon, où il eut le bonheur de ramener son escadre
intacte, le Roi le nomma Commandant des Gardes de la Marine et Inspecteur
Général des Ports du Royaume.
Nommé en janvier 1792 Commandant de l'Escadre de Méditerranée, il
s'empressa de refuser ce poste et sortit de France avec le Corps
d'Officier de la Marine ; Après la campagne des Princes, il fut chargé
par le Roi de plusieurs missions secrètes auprès des Cours du Nord et
entretint une correspondance pendant deux ans avec sa majesté Louis XVIII.
Monsieur des Tourets en mort à Londres en 1801 des suites de ses
blessures malgré les soins éclairés des premiers chirurgiens anglais et
français que Monsieur, Comte d'Artois, avait daigné mettre à la
disposition de la famille. Sa mort fut un événement bien douloureux pour
ses anciens frères d'Armes qui s'empressèrent de lui faire élever un
monument à Saint Pancrace, monument auquel sa Majesté Louis XVIII voulut
bien contribuer. Mais un fait non moins honorable, pour la mémoire de cet
officier, c'est l'hommage que lui rendirent les Marins de la République,
prisonniers sur leur pontons de Porthmouth qui en apprenant la mort de
leur ancien Commandant s'empressèrent d'envoyer au Chevalier de
Bellegarde vingt-cinq Louis pour ce monument auquel ils voulurent
absolument contribuer.
Le Chevalier de Rivière, dans son ouvrage sur la Marine dit en parlant
de cet officier Général : des Tourets l'Ainé, était non seulement un
officier distingué mais homme de mer consommé possédant aux plus hauts
degrés le talent du Commandement, et celui non moins rare d'inspirer
confiance aux marins placés sous ses ordres. Doué d'un grand sang froid
au plus fort du combat, personne mieux que lui ne savait réparer un
accident et prévenir un désastre, tacticien supérieur, aucun de nos
officiers généraux ne manoeuvraient avec plus d'habileté un escadre
nombreux. Savant modeste il était Membre de l'Académie Royale de Marine
de France et de la Société philosophique de Berlin, il possédait
parfaitement cinq langues vivantes.
Information fournie par Xavier de Saqui de Sannes"
extrait de Lafayette GenWeb
Garde marine en 1758, garde du pacvillon en 1762, enseigne de vaisseau
en 1770, lieutenant de vaisseau en 1778, capitaine de vaisseau en 1786,
chevalier de Saint Louis le 20/07/1779, retiré du service en mars 1792.M.
Vergé-Franceschi le dit décédé à Marseille en 1826 ?
J-C de Vaugiraud (M. Vergé-Franceschi: Les officiers généraux t 2 p
693) 07/02/2007