Qui était Sylla Laraque ?

par Hugues Briand
Descendant de Louis Lefebure de Laraque, Procureur honoraire du
roi de France à Jérémie
et de Philippe Laraque, sénateur de la République,
Sylla Laraque voit le jour en 1850 à Jérémie.
A l’âge de 13 ans, il travaille chez un producteur ou exportateur de café qui, dépourvu de descendance, lui aurait légué son affaire. A 19 ans, cet entrepreneur né fonde la maison de
commerce1 S. Laraque et Cie au Cap-Haïtien. Il constitue une fortune importante dans le commerce et procède, selon ses dires, à d’importantes opérations financières avec le gouvernement. En 1884, en butte à des ennuis judiciaires que lui fait le Général Président Nord Alexis pour des malversations douanières vraies ou supposées2 , il met fin à ses activités commerciales et quitte Haïti pour la France en mars 1885.
Vers 1900, soit à l’âge de 50 ans, Sylla Laraque est considéré comme étant la troisième fortune de France. Il possède plusieurs résidences à Neuilly, Paris et dans sa région, notamment, le château de Monchy-Humières dans l’Oise. D’une curiosité insatiable, Il s’intéresse à la finance, l’industrie,
l’agriculture3 et l’immobilier. Il alloue des bourses d’études à de jeunes Haïtiens faisant leurs études en France. Il est aussi passionné par les techniques nouvelles telles que l’aviation.
Un jour, se promenant en Bretagne près de Dinard avec l’une de ses compagnes, il découvre le village de pêcheurs de Saint-Lunaire et trouvant le nom prédestiné (SL comme Sylla Laraque) et l’endroit charmant, il décide d’y installer sa résidence d’été. Ne lésinant pas sur les moyens, il transforme le modeste village en une agréable et moderne cité balnéaire en y faisant construire la jetée, le casino, le grand hôtel, l’usine électrique3 , l’usine à gaz. Il participe aussi au financement de la construction de la mairie et de la poste.
Pour faire bon poids, il construit également 21 villas pour lui et sa famille. En effet, Sylla Laraque n’est pas seulement un homme riche, il est aussi bel homme et séducteur impénitent. On lui
connaît officiellement 7 épouses ou compagnes et 24 enfants. Sylla Laraque s’éteint en 1924 à l’âge de 74 ans. Il est enterré au cimetière parisien du Père Lachaise.
Extrait de la photocopie du chapitre d'un livre (titre et auteur ignorés) relatant la rencontre à Paris du célèbre aviateur Louis Blériot et du riche haïtien Sylla Laraque.
Document aimablement communiqué par Ginette et Jean-Marie Laraque.
Le riche planteur murmure : "Je vous offre 25000 francs, tentez votre chance..."
Louis Blériot se concentre. Afin de divertir son époux, Alice lui raconte l'anecdote dont elle vient d'être l'héroine.
- J'ai sauvé un petit garçon au moment ou il enjambait la balustrade du balcon. Il a failli faire une chute de dix mètres!
Fier de la vivacité de sa femme, Louis sourit :
- Qui est ce garçon ? lui demande-t-il distraitement.
- Un petit mulâtre aux cheveux crépus, fils des Laraque et neveu des Saint-Jacques (voir note). Les Laraque sont de riches planteurs d'Haïti qui possèdent le plus bel hôtel particulier du boulevard Maillot.
Sans la présence d'esprit d'Alice, le chérubin ne serait plus qu'un petit corps disloqué. Avec malice, Louis saisit cette occasion pour ajouter :
- Tu vois bien que les enfants sont parfois plus imprudents que les grandes personnes.
Alice connait l'entêtement de son mari et refuse d'engager le débat. En quittant le bureau, elle précise simplement :
- Il parait que Laraque est un passionné d'aviation.
Louis ne terminera pas sa réussite, distraction à laquelle le contraint son immobilisation à domicile. Comme chaque jour, il fait les cent pas, appuyé sur ses béquilles. Bien que Blériot ne lise jamais, ce soir-là, il se dirige vers sa maigre bibliothèque, choisit un livre d'aéronautique et s'enferme dans son bureau. Quelqu'un frappe soudain à la porte.
Avertis de l'incident, les Laraque ont tenu à venir remercier Alice de son geste héroïque. Laraque admire les exploits réalisés par Blériot. Les deux hommes rapidement sympathisent :
- Je vous souhaite un prompt rétablissement, lui dit Laraque. Il faut que vous recommenciez à voler rapidement
Après avoir remercié le riche planteur, l'aviateur lui livre quelques confidences :
- Hélas ! Il me faudrait maintenant une grande victoire, la traversée de la Manche par exemple, afin de faire connaitre mes efforts au public et développer ainsi mes affaires aéronautiques.
Touché par le récit de Blériot, Laraque intervient :
- Je ne peux rien faire pour votre santé mais je puis peut-être vous aider sur le plan financier.
Blériot explique sa situation :
- J'ai passé au début de ce mois, un contrat de 200 000 francs avec Anzani qui me donne l'exclusivité de la production de ses moteurs. Pour que notre marché se développe, il me faut remporter de nouveaux succès. La traversée de la Manche nous garantirait un carnet de commandes bien rempli. Si je veux y participer, je dois engager de gros frais qui ne trouveront leur rentabilité que dans quelques mois : envoyer une équipe, acheminer du matériel. C'est pourquoi je recherche un nouveau commanditaire.
Comme pour convaincre son interlocuteur, Blériot ajoute l'air désolé :
- Je n'ai même pas pu payer le moteur de mon onzième modèle.
L'aviateur change de ton. Son visage se referme ; il retrouve cette réserve qui le caractérise. Laraque n'a rien dit. Bouleversé, le riche planteur murmure :
- Je vous offre 25 000 francs. Vous allez tenter votre chance ; il le faut. Ne me les rendez pas puisque je les mets dans votre affaire.
Sur-le-champ, Laraque signe un chèque pour Blériot. La joie intérieure de l'aviateur est immense.
- Nous régulariserons cela plus tard. Signez-moi seulement un reçu provisoire, ajoute Laraque.
Enchanté, Blériot exulte :
- Vous aurez la moitié du prix du Daily Mail si je gagne !
Les hommes se serrent la main, ravis de leur accord.
Une heure plus tard, seul dans son bureau, Blériot téléphone à son ami Alfred Leblanc. Membre de l'Aéro-club de France, Leblanc s'est illustré l'année précédente en aérostat, lors de la coupe Antonetti et de la coupe du Gaulois. Blériot lui confie ses projets :
- Je me suis fait inscrire pour le Prix du Daily Mail. Je vous demande de m'aider vu ma mauvaise condition physique et de tout organiser pour moi.
Leblanc est stupéfait. Certes il a toujours promis à Blériot de l'aider le jour ou il se lancerait à la conquête de la Manche mais, connaissant son handicap physique, il hésite :
- Ne faites pas d'imprudence. Il reste encore beaucoup de vols historiques à accomplir.
Têtu, Blériot s'oppose à tous les arguments qu'avance Leblanc. Convaincu par cette volonté, celui-ci donne alors ses consignes de préparation :
- Il ne faut pas trop se presser. Je vais aller voir Anzani, préparer le départ de Collin et Mamet et veiller sur l'expédition du monoplan à Calais. Une bonne organisation est la condition normale du succès.
Blériot raccroche le combiné et se précipite dans la chambre. Alice y range du linge. Une odeur de lavande, de fleurs séchées et de camphre se dégage de l'armoire. Blériot revoit les gestes de sa mère. Il s'assoit nostalgique, sur le bord de son lit. Des images de son enfance ressurgissent. Ce jeune garçon studieux aux allures bien sages qu'il était est maintenant père de famille. Un instant il se demande si cette tentative n'est pas signe d'irresponsabilité et d'égoïsme. Comment un père peut-il mettre en péril sa famille ? Impossible cependant de reculer. Son avenir financier, sa vie en dépendent : Louis fait part de ses projets à sa femme. "Cela fait bien longtemps qu'il n'a pas souri ainsi", pense Alice. Même si elle a peur, son unique souhait est encore de voir son mari heureux. Blériot songe au moment où, le cœur frémissant, il s'installera aux commandes de son engin, direction l'Angleterre. Son visage radieux redevient soudain terriblement sombre : les prédictions d'une voyante qu'il avait rencontrée quelques années auparavant troublent ses pensées. Cette tireuse de cartes avait annoncé un grand danger pour le mois de juillet de l'année 1909. Pour se réconforter, l'aviateur pense qu'il y a déjà eu l'accident de Douai. Blériot se tourne : le calendrier posé sur la table de chevet indique la date du 19 juillet.
Au petit matin du 20 juillet, tout Paris est au courant des projets de Blériot. Les spécialistes ont suivi l'évolution du jeune Latham, l'inscription d'un second candidat au défi les excite au plus haut point. A la ....
[fin de l'extrait]
La suite est connue :
Blériot sera le premier aviateur à traverser la manche à bord d'un aéroplane !*
*Note : Il s'agit en fait de Camille Eugène Saint-Jacques (fils de Sylla Laraque et de Camille Saint-Jacques)
Notes de bas de page
1. Il est également propriétaire de la
goélette «Lozama» qui lui sert, semble-t-il, à expédier son café
vers Le Havre.
2. Voir à ce propos le manifeste, de
quelques 100 pages, rédigé par Sylla Laraque ? Agriculteur et Industriel ?
sous le titre « Juges Centrifuges sous un président centripète »
et relatant par le détail ses ennuis judiciaires avec les autorités haïtiennes.
Ce document a été retrouvé, après un long oubli, par Michael G. Laraque
dans une bibliothèque New-Yorkaise.
3. Il possède, notamment, des vignobles
en Tunisie.
4.Saint-Lunaire bénéficiera de l?électricité
22 ans avant les communes avoisinantes
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Louis BLÉRIOT
(Cambrai,
1er juillet 1872 - 1er août 1936)
Par Agnès Granjon
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| A la fin du siècle
dernier, le village se transforma en station balnéaire, sous
l'impulsion d'un richissime Haïtien, Sylla Laraque qui
dota Saint-Lunaire du Grand Hotel, la digue de la Grande Plage et
les Tennis ainsi que 17 villas pour ses nombreux enfants avec casino,
d'une usine électrique |
Saint-Lunaire
balnéaire : Le grand rêve de Sylla Laraque (Broché)
de Max
Bontems (Auteur), Claude-Youenn
Roussel (Auteur) |
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Le collège d'Hulst
ou l'histoire de Sakiet Ali Zarrouk
Eve Lavallière avait remis à
Monseigneur Lemaître une somme importante, et c'est grâce, à cette
donation que le futur Collège d'Hulst put être organisé à la Manouba.
Monseigneur Lemaître voulait fonder à
Tunis, avec l'aide du Cardinal Baudrillard, un collège d'enseignement
secondaire pour jeunes filles; les locaux lui faisaient défaut. Il
apprit qu'un colon de la Manouba, M. Laraque, était disposé à vendre
sa propriété comprenant non seulement un palais, mais aussi des arbres
fruitiers et notamment une orangerie. La Société civile " La
Tunisienne ", en l'espèce l'Archevêché, en fit l'achat en
Juillet 1923, et ainsi le collège d'Hulst s'installait dans une
ancienne propriété tunisienne dont l'histoire remonte à 1764;
plusieurs beys et personnages célèbres en furent les propriétaires.
En 1917 les propriétaires Zarrouk (Ali Ben Ahmed
Zarrouk et son épouse Lella Aziza) firent immatriculer leur bien
(27-12-1917); c'est pour cette raison que cette propriété fut appelée
Saniet Ali Zarrouk.
Le 19 juillet 1919 les Zarrouk vendaient leur terre et
dépendances à Laraque Jean Valsant Sylla, originaire de Haïti;
il était né à Port-au-Prince le 24 juin 1850. L'achat fut fait
moyennant le versement de deux cent cinquante-deux mille francs.
Laraque resta propriétaire de 1919 à 1923, date à
laquelle (10 juillet) il céda son bien à la Société " La
Tunisienne ".
L'argent remis par Eve Lavallière permit à
Monseigneur Lemaître de réaliser une très belle œuvre à la base de
laquelle demeure le nom de la célèbre Comédienne.
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Le
Château d'Humières
Mr Jean Volsant Sylla Laraque, naitive of Haiti.... who soon
became involved in disputes with his neighbor, M Eugene Goujon, Marquise
de Thuisy, (living at the Chateau de Baugy, & allied with the nearby
communes such as Gournay) about the clearing of the river Aronde,
separating the two properties; it was a big stink for a long time,
famous in the annals.. during WWI, the Chateau was headquarters for
General Fayolle, head of the 6th army. M Laraque left his property to 13
heirs by four wives, which meant they had to liquidate, & the
property was sold, including a portrait of
a nun, probably the dau of Marechal d'Humières, abbesse de Monchy,
& a standing portrait of Jehan II de Humières, whose marble
mausoleum is now in the Louvre de Paris. The Chateau was adjudged to one
of the heirs,
42. Maurice Laraque for his sister Mll Alice-Anne-Marie Laraque; in 1936
it was again on the auction block & sold to M. Eugene Stengel,
of paris, for about 50 000$ who resold it in 1941.
Historique
des propriétaires par Annie Natalelli-Waloszek |
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