Théodore BEAUBRUN
alias Languichatte Débordus Comédien
Fondateur du "Petit Journal" en 1930 Auteur de l'hebdomadaire satirique "Le Rêve" avec Rigaud Martelly & Joseph Rigaud 1938 Auteur de Languichatte Avocat 1941, Auteur des sketches radiophoniques avec Jean Faublas, and Georges Karaha
1942-Auteur de "Coup sur Coup", "La maison de Baca", "Ti Zoute" 1944 -Fondateur de Rasoir Magazine. 1954, Directeur du Theâtre National Auteur et Père dans la série télévisée "Languichatte Débordus"
o jeudi 26 décembre 1918
Haïti, Port-au-Prince
+ mardi 30 juin 1998
Haïti, Port-au-Prince
(frères/soeurs:- Agnès BEAUBRUN- René BEAUBRUN- Simone BEAUBRUN- Immacula BEAUBRUN)
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Révisé le dimanche 10 août 2008
Théodore Beaubrun
Pour la circonstance, un sketch sera joué, entre autres, par les acteurs de
la troupe Languichatte composée de Marie-Andrée Raymond (Mantoute),
Ginette Beaubrun (Mélanie), Eric Legagneur (Moustacha), Josie Pierre
Raymond (Ti Fiyèl), Théodore Beaubrun Junior (Barnabé).
Aimé de tous,Théodore Beaubrun
(Languichatte Débordus) avait le sens du théâtre. 10 ans après sa mort,
ce comédien est toujours bien vivant. Le personnage incarné par lui
charmait plus d'un. Cet acteur, au « pantalon trois quarts » qui portait
un foulard noué en guise de cravate, a été très apprécié par ses fans.
Des critiques ont même surnommé Maître Débordus, « le Molière haïtien
».
Son sens de l'humour, son goût de l'ironie, son réalisme cru et ses stratégies
loufoques ont fait de lui un communicateur et un acteur hors du commun. Il
était, bien sûr, un humoriste remarquable qui a su bien représenter le théâtre
haïtien à New-York, au Canada, à Athènes et en Espagne. Le comédien
dont la popularité dépasse les frontières haïtiennes a accordé la
priorité à la satire, au burlesque, au calembour et à l'ironie.
Théodore Beaubrun écrivait lui-même ses pièces, choisissait ses acteurs,
faisait la mise en scène de ses représentations et jouait comme acteur
principal. Ses productions radio télédifusées avaient une large audience:
« Lavi nan Nouyòk », « Patricia », « La haine au service de l'amour »,
« Languichatte juge de Paix », « Languichatte candidat à la présidence
», « Ti zoute », « Un drôle de député », « L'ombre mystérieuse »,
« Languichatte se marie », « Coup sur coup », « La maison de Baca».
Le chemin qui mène au théâtre
Fils de Chardavoine Beaubrun et Mme née Cémance Michel, Théodore Beaubrun
est né à Port-au-Prince le jeudi 26 décembre 1918. Il fut l'aîné d'une
famille de cinq enfants : Agnès, René, Simone, Immacula.
Théodore Beaubrun fit ses études primaires au Petit Séminaire Collège
Saint-Martial jusqu'à la sixième, où parmi ses professeurs, se trouvait
Lorimer Denis. Il édita, en 6e, un petit journal qui paraissait chaque
lundi sur deux feuilles de cahier, écrit à la main. Ce journal était
satirique. Il publia 25 à 50 numéros chaque semaine. Tout allait bien
quand un prêtre professeur ferma ce petit journal qui critiquait
ouvertement la méthode des enseignants.
Son père décida de l'inscrire au Lycée Alexandre Pétion où l'ambiance
n'était pas la même. Au Petit Séminaire Collège Saint Martial régnait
une discipline rigoureuse, alors qu'au Lycée, les enseignants ne savaient
quel moyen employer pour faire régner l'ordre.
En 4e, au Lycée Alexandre Pétion, Théodore Beaubrun publia un
hebdomadaire humoristique et satirique « Le Rêve », qu'il écrivit en
collaboration avec Rigaud Martelly et Joseph Rigaud (Martelly fut l'un des
acteurs qui interprétèrent aux côtés de Beaubrun un rôle dans «
Languichatte se marie » le 31 mars 1942 ). Ce journal fut calligraphié par
Martelly.
Il laissa le lycée Alexandre Pétion pour aller continuer ses études au
Collège Tippenhauer qui se trouvait à la Rue Capois (seconde et rhétorique).
Il fit la philo aux cours Privés d'Antonio Vieux à Lalue. Après ses études
classiques, il consacra environ une cinquantaine d'années de sa vie au métier
du rire. Que de prouesses et d'exploits!
[En 1957 il représente le Théâtre
haitien à Athènes sur l'invitation de L'UNESCO. Il sera encore présent à
Paris, Madrid, Montréal ainsi que plusieurs états des Etats-Unis.De toutes
ses oeuvres. "Les Lapins de Mme Fleuviau" et
" Lavi New-York" sont les uniques pièces vidéographiées.]
Le théâtre a été constamment présent dans la vie de Théodore Beaubrun,
décédé en 1998 des suites de la maladie de Parkinson. Il s'y attachait
tellement qu'il a intégré des membres de sa famille dans sa troupe. Cet
acteur-né avait la manière et les registres du drame familier. Jusqu'à
date, il reste l'un des plus grands comédiens haïtiens du XXe siècle.
C'est, bien évidemment, un hommage bien mérité!
Rébecca S. Cadeau
beckypfr@yahoo.fr
(1) Cf. Le Nouveau Monde, dimanche 3 mai 1981
(2) Cf. Le Nouvelliste, juillet 1998
La troupe Languichatte rend hommage à Théodore
Beaubrun
A l’occasion du 65ème anniversaire de la
troupe "Languichatte Debordus", fondée par le légendaire Théodore
Beaubrun, le 3 août (2007), un spectacle d’hommage à cette grande figure
du théâtre haïtien sera organisé au Parc historique de la Canne à sucre
à Port-au-Prince. Théodore Beaubrun Junior, organisateur de cette soirée,
affirme qu’il faut rendre hommage à Languichatte qui a fait rire les haïtiens
pendant un demi-siècle.
Il rappelle que son père est mort dans la misère, puisqu’il n’avait
aucun compte en banque. Celui que l’on compare volontiers à l’américain
Bill Cosby, était un homme de caractère qui avait refusé les combines
pour gagner de l’argent. " Il n’a tiré aucun profit de ses séries
à la Télévision Nationale", révèle Théodore Beaubrun Junior
rappelant que son père a laissé une centaine de pièces de théâtre.
" Il n’a pas laissé grand-chose en terme de patrimoine mais il a
laissé une grande œuvre et un héritage dont nous en jouissons", déclare
Théodore Beaubrun Junior surnommé Lòlò au sein de son groupe musical
Boukman Eksperians et Barnabé au sein de la troupe Languichatte.
Théodore Beaubrun Junior également militant politique, est très amer
envers l’état haïtien qui dit-il ne fait aucun cas des grands de la
culture haïtienne. " Je n’ai pas à me plaindre parce qu’on n’a
rien fait pour la mémoire de Théodore Beaubrun, on ne s’est pas soucié
d’aucun grand qu’il s’agit de Roger Colas, Ansy Derose ou Coupé Cloué",
ajoute t-il.
Il affirme qu’il n’y a aucune politique pour encourager les jeunes
artistes soulignant qu’il n’existe aucun centre culturel publique à
Port-au-Prince.
Théodore Beaubrun Junior qui est également directeur de la troupe
Languichatte annonce la présentation d’une nouvelle pièce pour la fin de
ce mois.
Il envisage également la création d’un musée à la mémoire de
l’homme au pantalon trois quart. " Avant de mourir il m’avait dit
de prendre les choses en main, c’est ce que nous faisons malgré vents et
marrées", conclut-il.