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Saint-Domingue

Agnan FOUGEU

FOUGEU MIRAULT
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Etienne FOUGEU
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Anne FOUGEU née MIRAULT
Agnan FOUGEU
Planteur
Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis
Capitaine de Milice
o ca. 1700/1725
+ lundi 7 décembre 1761 Saint-Domingue, Varreux
(frères/soeurs:- Marie-Thérèse ROBIOU DE MAREUIL née FOUGEU- Louis FOUGEU)
ax Saint-Domingue, Croix-des-Bouquets, 20/10/1733, Rose REMI

DESCENDANCE


Avec Rose FOUGEU née RÉMI
1 ) Marie-Rose de CONFLANS-BRIENNE née FOUGEU (3 août 1734-8 septembre 1804)
2 ) Marie de la ROCHEFOUCAULD de BAYERS née FOUGEU (4 octobre 1735-7 juin 1808)

Avec Marie à FOUGEU
3 ) Marie-Louise PIERRET née FOUGEU (date inconnue-date inconnue)

Avec Marie-Louise
4 ) Suzanne FOUGEU (b mercredi 6 septembre 1752-date inconnue)

Avec Thérèse à FOUGEU
5 ) Barthélemy Julien FOUGEU (29 avril 1753-date inconnue)

Avec Marie
6 ) Agnan FOUGEU (18 mars 1761-date inconnue)

Avec Marie-Thérèse
7 ) Marie-Louise JEAN-MICHEL née FOUGEU (30 juillet 1762-date inconnue)

 

 

Principale source : GHC

Source externe

Généalogie d'Haïti et de Saint-Domingue
Estelle & Jean-Paul Manuel © 1998-2008.
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Corrections : haiti.saintdomingue @ gmail.com
Révisé le vendredi 25 juillet 2008

 

La famille FOUGEU de Saint-Domingue

par Pierre Bardin in G.H.C. Bulletin 74 : Septembre 1995 Page 1416

Indiquons tout d'abord qu'on ne trouve aucune mention de ce nom dans l'ouvrage d'Emile Hayot "les officiers du conseil souverain de la Martinique - 1675/1830". A Paris est célébré le 1er mars 1816 le mariage de Jean Marie Antoine PEYSSON de CHALARIEU né à Belley dans l'Ain, le 8 janvier 1785, avec Félicité Rose Adèle FOUGEU de VILLARSON née à Chartres, le 18 vendémiaire an 4, fille de Louis Etienne et Adélaïde Sophie de SENANGE. Il existe également une importante famille de FOUGEU d'ESCURES, mais il n'a pas été possible, pour le moment, de savoir si un lien existe entre elles. Ce que l'on peut dire, sans grand risque d'erreurs, c'est que la Beauce à travers les villes d'Orléans, de Chartres et de Patay, semble être leur lieu d'origine. 

A Patay en 1539, on trouve Thomas FOUGEU Laboureur, marié à Charlotte MACÉ; Patay étant le lieu de naissance d'Agnan FOUGEU qui se marie à St Domingue

. Concernant cette colonie, on peut apporter les précisions suivantes :

A la Croix des Bouquets le 20 octobre 1733, Agnan FOUGEU, habitant de cette paroisse, capitaine de milice, fils d'Etienne et d'Anne MIRAULT, natif de St André de Paté (Patay) évêché de Chartres, épouse Delle Rose RÉMI (REMY) fille de feu sieur Michel, habitant, et dame Marie AUBRY, native de cette paroisse (7 juin 1710). 

Deux filles légitimes naîtront de cette union : 

  • - Marie Rose o 3 8 1734, b 5 1 1735, 
  • - Marie Thérèse o 4 10 1735, b 4 11 1736. 

Nous y reviendrons dans un instant. 

Rose RÉMY, la maman, décède le 23 octobre 1736. Agnan FOUGEU, qui sera décoré de l'ordre de St Louis, possède deux habitations aux Varreux : habitation des Sources et habitation des Varreux sur laquelle il décédera le 7 décembre 1761, âgé de 64 ans. 

Les deux habitations reviendront pour moitié à chacune des deux soeurs. 

Cette famille semble arrivée groupée dans l'île, puisqu'on trouve 

  1. le mariage à Léogane le 16 janvier 1713 de Marie Thérèse FOUGEU, fille d'Etienne, prévôt de la ville de Patay (et donc soeur d'Agnan qui précède) avec François ROBIOU de MAREUIL, conseiller et greffier en chef du conseil supérieur de Léogane. 
  2. Il y a également un autre frère Louis qui donnera naissance à une branche "illégitime" à travers Louis, mulâtre libre, baptisé le 1er juillet 1731 à la Croix des Bouquets, fils de la négresse Charlotte "son maître Louis FOUGEU est le véritable père" qui affranchit l'enfant. 
  3. Agnan FOUGEU va fonder une famille parallèle en donnant des frères et soeurs mulâtres à ses deux filles. Gageons qu'ils se fréquentèrent très peu

A la Croix des Bouquets :

- Agnan, mulâtre libre o 18 3 1761 b 2 6, de père inconnu et de Marie négresse libre. Le parrain est N BORMAN (?) mulâtre, esclave à Monsieur FOUGEU. 

- Suzanne, mulâtresse libre, b 6 9 1752, âgée d'environ trois semaines, née d'un père inconnu et Marie-Louise négresse libre, demeurante sur l'habitation de M. FOUGEU. 

- Marie-Louise FOUGEU, mulâtresse libre, x 30 7 1756, Pierre PIERRET, fils naturel de Jean PIERRET dit NAMUR et de Marie BLOQUIN. Marie-Louise est fille naturelle de Monsieur FOUGEU, habitant de cette paroisse et de Marisa ou Marie ou Marion, négresse libre. Marie-Louise signe. 

- Marie-Louise b 7 11 1762, o 30 7 de père inconnu, fille de Marie-Thérèse demeurant sur l'habitation de Monsieur FOUGEU. x Mirebalais 24 11 1778 Jean-Michel, mulâtre libre. Dans l'acte de mariage elle est prénommée Marguerite Louise. Son tuteur est Agnan FOUGEU, mulâtre libre ainsi que Louis FOUGEU aussi mulâtre. Ils signent tous les deux. 

A Port au Prince :

- Barthélemy Julien, b 29 4 1753, carteron libre fils naturel de messire Agnan FOUGEU, habitant au Cul de Sac et de Thérèse, mulâtresse libre. Peut-être le frère de la précédente. Il serait intéressant de savoir si aujourd'hui vivent en Haïti des descendants de cette famille Fougeu. On trouve également à Mirebalais en 1768 le mariage de Louis Fougeu. Mais la reproduction sur microfilm est tellement mauvaise qu'il n'a pas été possible de l'identifier avec certitude.

Revenons aux deux filles légitimes.

Marie-Rose épousera le 11 mai 1750 à Léogane, Hubert comte de CONFLANS de BRIENNE, chevalier des ordres royaux, chef d'escadre des armées navales de sa majesté et lieutenant général pour le roi des îles françaises de l'Amérique sous le vent. Le contrat fut dressé par Me Legrand notaire à Léogane. Il est le fils de Robert Anne baron et comte de CONFLANS, seigneur d'Henriville, Fay le Sec et autres lieux, et de Dame Anne Charlotte BOUCHEL. Noté comme bon officier, sachant bien son métier, mais un peu vif et haut sur sa naissance, "prétend descendre des Rois de Jérusalem". Il deviendra vice-amiral maréchal de France et décédera à Paris en son hôtel de la rue Saint Dominique le 17 janvier 1777. Une fille était née Anne Charlotte baptisée à Léogane le 22 juin 1751. Elle sera inhumée à Paris en l'église St Sulpice le 17 octobre 1755. 

(NDLR : Il était né en 1690. Les époux avaient 44 ans de différence !) 

Pendant son gouvernorat le comte de CONFLANS avait acquis en 1751 des concessions au Fond de l'île à Vaches dans la plaine à Jacob et la hatte dite l'Étang des Cocoyers qui appartenaient à l'origine à Bertrand de LAROQUE, chirurgien major, habitant aux Cayes dans la partie sud de St Domingue. Les originaux de vente en parchemin, furent déposés chez Me Deshays, notaire à Paris le 5 juillet 1752. Il revendit ses propriétés le 15 mars 1768 à Jean Joseph de LABORDE pour 300 000 francs argent de France, par acte dressé chez le notaire Duclos Dufresnoy. 

Si ce "beau mariage" propulse la famille FOUGEU dans la meilleure noblesse, sa soeur ne va pas être en reste. En effet le 24 avril 1763, le notaire parisien Robineau, dresse le contrat de mariage de François Jean Charles de LA ROCHEFOUCAULT, marquis de BAYERS, colonel de grenadiers royaux  de  son nom,  fils de Jean,  marquis de MOMONT  et Marie Marguerite DES ESCAUD.  Ils demeurent en leur hôtel, rue de Seine,  faubourg St Germain.  Notons que le père de la mariée est devenu "messire Agnan de Fougeu". Le contrat de  mariage  sera  signé par le Roi et  toute  la  famille royale.  Une fille naîtra de cette union.  Marie Joséphine Félicitée qui épousera Charles François Gabriel vicomte de GAND, d'où une fille Louise qui se mariera avec De LACERDA Y PALAFOX, Grand d'Espagne.

     Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possible.  Les deux habitations sont  bien gérées (nous possédons comptes, recensements, fonctionnement, roulaisons, embarquement des sucres, etc.) et rapportent bon  an  mal an de substantiels bénéfices aux  deux  héritières, quand éclate en 1789 le tonnerre de la Révolution.

     Jugeant à  l'évolution des événements, qu'il était préférable de partir, M de LA ROCHEFOUCAULT, son épouse et sa  soeur émigrent le 3 mai  1791.  Ils vécurent  plutôt chichement comme beaucoup, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Angleterre. Ces trois personnes reviennent en France par Calais, en fructidor an 10 (août 1802) dans les délais prescrits par le sénatus-consulte et prêtèrent serment  de fidélité au gouvernement français,  déclarant renoncer aux secours que le gouvernement anglais accordait aux émigrés. Le  13 brumaire an 11 (4 novembre 1802) trois certificats d'amnistie  pour fait d'émigration leur étaient  accordés.
Ces  certificats étaient attendus "pour pouvoir sauver les débris  de leurs propriétés situées à  St  Domingue.  Nous sommes  septuagénaires,  privés de toute espèce de  moyens d'existence et accablés d'infirmités et de vieillesse".
     Tous trois s'installent rue de Sèvres où ils  vivront très modestement (évoquant sans doute la douceur d'antan).
     Monsieur  de  LA ROCHEFOUCAULT décède le 7 nivôse  an 11.  Marie  Rose FOUGEU,  sa belle-soeur,  le rejoint dans l'au-delà, le 21 fructidor an 12 (8 septembre 1804). Entre temps les deux soeurs,  manquant sans doute d'appréciation sur  l'état de l'ancienne colonie et de leurs habitations, avaient  nommé  un  procureur  pour  "régir,  administrer, affréter les navires, soigner les malades, etc.".

     Le  7 juin 1808,  Marie-Thérèse quitte ce bas  monde, âgée  de 73 ans.  Son testament fut déposé chez le notaire Péan  de St Gilles,  le 30 avril 1808.  Maître Hua dressa l'inventaire des biens lui appartenant.  Six tableaux sont mentionnés  pour  mémoire  comme étant  des  portraits de  famille. La prisée du linge modeste, mais de bonne facture se  monte  à 1163 francs.  Les bijoux et  argenterie  sont estimés  4862 francs.  Les meubles appartiennent  tous au propriétaire  qui  leur louait l'appartement.  Son  unique héritière est sa petite-fille Louise VILAIN de GAND.

L'inventaire  des  papiers  est  une  simple   énumération "lettres,  missives et autres pièces qui n'ont été plus au long  décrites ni inventoriées à la demande des  parties".

L'exécuteur testamentaire Henry de MAUSSAC, chanoine de la Métropole indique qu'il n'a pas connaissance que Mme de la ROCHEFOUCAULT BAYERS eût les titres de propriété des biens
à  St  Domingue (...) en la possession des rebelles  (...) depuis la révolution survenue en ce pays.  Il précise  que la  défunte  touchait  100 francs par mois  d'une  pension allouée par sa majesté l'Impératrice.

     Un  trait  final sera tiré le 1er  mai  1828  lorsque l'indemnité  de  St Domingue viendra régler la  succession Fougeu.  A  la Croix des Bouquets pour les deux  sucreries des Sources et des Varreux, quartiers du Cul de Sac et des Varreux.  A  Mirebalais,  une hatte,  les  Bretelles.  Les ayants droit réclamant étant :

- De  LACERDA Y PALAFOX :

  1. Joseph - Maxime - Augustin - Martin - Ramon  - Antoine de Padoue - Pierre - Joachim - Vincent - Ferrer - François de Sales - Thomas d'Aquin - Jean-Baptiste Judas - Thadée - Toussaint - comte de PARCENT Y de CONTAMINA,  légataire de son épouse Louise VILAIN de GAND.
  2. Marie - Louise - Beltran, etc.
  3. Marie Du Pilar , etc.
  4. Jean - Joseph, etc.
  5. Emilie - Ramona, etc.
  6. Virginie - Efigénie, etc.

héritiers  par  représentation de leur  mère  sus  nommée, fille  et  héritière de la vicomtesse de GAND,  née de  LA ROCHEFOUCAULT,  héritière  elle-même de ses mère et  tante anciennes  propriétaires.  Ils toucheront une indemnité de 147.014,16 francs.