Né à la Rochelle le 19 octobre 1774.
Entré au service le 12 septembre 1791;
- Sous-lieutenant au régiment de Berwick le 15 septembre 1791
- Lieutenant au même régiment le 10 novembre 1791, à Saint-Domingue
jusqu'à fin septembre 1793
- Il est destitué et emprisonné par les commissaires civils
français Sonthonax et Polvérel avec d'autres officiers suspectés de
sentiments royalistes. Dans la colonie les commissaires ont décrété
l'abolition de l'esclavage six mois avant qu'elle ne soit ratifiée par
la Convention.
- Il s'évade pour les Etats-Unis d'où il ne revient qu'en 1798, au
départ des anglais de la colonie chassés par le général français
Toussaint Louverture qui s'est habilement débarrassé de la commission
civile en les faisant nommer à la députation en France.
- Rendu à la vie civile, il exploite ses terres du quartier de
Jérémie comme bon nombre de colons émigrés encouragés au retour par
Toussaint, nommé Gouverneur général de la colonie, qui veut faire
fructifier la colonie en substituant à l'esclavage le travail
rémunéré des noirs, même forcé.
- Il ne reprend du service qu'à l'arrivée de l'expédition Leclerc
en avril 1802. Cette expédition, dont son frère Benoît est le
Trésorier, a pour objectif de mettre Toussaint aux arrêts et de
rétablir l'esclavage.
- Capitaine commandant les grenadiers au 66ème régiment le 15 frimaire
an XII [7 décembre 1803]
- Aide de camp du général O'Harty le 13 septembre 1806
- Attaché à l'état-major général du grand-duc de Berg, à l'armée
d'Espagne et attaché à l'état-major de l'armée du Centre, de
septembre 1811 au 15 mai 1812
- Chef d'état-major du général baron Daultanne
- Chef d'état-major du Centre, de septembre 1811 au 15 mai 1812
- Chef d'état-major du général baron Beaumont, commandant la
cavalerie légère du 12ème corps le 13 juin 1813
- Adjudant commandant le 18 juin 1813
- Chef d'état-major général du comte Milhaud, commandant en chef du
4ème corps de cavalerie de réserve le 6 novembre 1813
D'après les renseignements données à asa famille à la suite de la
campagne de Belgique, Chassériau aurait été nommé général de brigade
le 16 juin 1815.
Blessures;
- coup de feu à la cuisse droite à Saint-Domingue à l'affaire
des Platons en 1793
[Une violente révolte d'esclaves se déclare dans la région des Cayes. Ils se retranchent dans la forteresse des Platons.
Le 6 août 1792, dans le but de mater la rébellion, le gouverneur de Blanchelande dirigea contre eux trois colonnes de troupes fortes plus de quinze cents hommes commandés respectivement par le colonel de Thiballier, les capitaines Deschet et Sanson.
La déroute fut complète. Les noirs brulèrent et saccagèrent les habitants tout en poursuivant les fuyards. Armand et Gilles Benech prirent ainsi le contrôle de la région des platons avec les esclaves révoltés.
Le 12 janvier 1793 le commissaire civil Polvérel attire les chefs des
noirs révoltés hors de la forteresse des Platons qui domine les Cayes.
Durant la négociation, le lieutenant colonel Harty atteignit les
Platons à la tête d’un bataillon. Il n’y trouva que les gens sans défense, femmes, enfants et handicapés que les soldats français massacrèrent sans pitié.];
- blessé en Espagne le 8 janvier 1809 au combat de
Belris;
- coup de feu à la main droite à la bataille de Leipzig le 18
octobre 1813.
- Il fut tué le 18 juin 1815, dans la dernière charge au Mont-Saint-Jean,
le soir de la bataille de Waterloo, à la tête des cuirassiers du général
comte Milhaud, dont il était toujours chef d'état-major général.
Membre de la Légion d'honneur le 4 novembre 1813; officier de la Légion
d'honneur le 25 février 1814; baron le 3 avril 1815 [Sic : plutôt 1814 selon J.C. de Vaugiraud qui cite le dictionnaire des colonels de Napoléon de Danielle et Bernard
Quitin]; chevalier de
Saint-Louis le 11 octobre 1814. Il est représenté dans le médaillon en
grand uniforme du Conseil Supérieur de Saint-Domingue
Ces renseignements biographiques ont été fourni par le baron Arthur
Chassériau, son petit-fils, membre de la Sabretache.
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Sur la carrière militaire de Frédéric Chasseriau
Le rapport fait au ministre de la guerre le 21 frimaire an XII de la
République nous apprend que Victor-Frédéric ayant été destitué lors de
l'affaire malheureuse de la révolte de Saint-Domingue en 1793 présenta au
ministère une demande de remise en activité.
Le ministre ayant chargé le bureau de l'infanterie de la 1ère division
d'instruire le dossier le rapport fait audit ministre donna un avis positif
au vu de la qualité des services rendus à la République par Chassériau.
«On ne connaît point les 1ers services du Citoyen Chassériau mais il
est porté sur le registre du 88ème Régiment ci-devant Berwick comme
sous-lieutenant dans ce corps le 15 septembre 1791 et comme lieutenant le 10
novembre suivant. Le général de brigade Harty (O'), ancien colonel de ce
régiment et qui l'a commandé à St-Domingue atteste que le Citoyen
Chassériau a été fait capitaine au 2ème bataillon de ce Corps: qu'il
remplissait encore les fonctions de ce grade à la fin de septembre 1793,
époque où lui, Général de Brigade a cessé de commander le Régiment. Je
certifie en outre que le Citoyen Chassériau a tenu constamment sous ses
ordres une conduite excellente et qu'il a éprouvé son zèle et son
intelligence dans les divers détachements qu'il lui a confiés.»
«Le Citoyen Chassériau expose dans son mémoire qu'il a continué son
service jusqu'au moment de la destitution et de l'emprisonnement de ses
officiers supérieurs ordonnée par les commissaires Polvérel et Sonthonax
: que destitué lui-même et condamné à la déportation avec six autres
officiers du Corps, ils refusèrent d'évacuer l'Isle dans la crainte de
tomber au pouvoir des Anglais, qu'enfermé dans une prison avec ses six
compagnons d'infortune il les y a vu périr tous : qu'échappé seul à la
mort, il a pu enfin se réfugier aux Etats-Unis : qu'il y est resté
jusqu'à ce que les Anglais ayant évacué la partie (c.à.d. la partie de
l'Ile) de Jérémie où il avait ses possessions, il est rentré dans ses
foyers : qu'à l'arrivée du Général Leclerc, il a vu périr de la main de
ses nègres 800 habitants du Port-au-Prince, lieu de son domicile :
qu'échappé avec peine au massacre, il a combattu comme simple habitant
jusqu'à son départ pour la France qui a été autorisé par le général
en Chef. L'Adjudant commandant Dallou atteste qu'à l'arrivée de la
division Boudet au Port-au-Prince, le citoyen Chassériau s'empressa de se
joindre à elle pour combattre les rebelles : que dans cette occasion, il
montra beaucoup de Zèle et de Bravoure : qu'il n'a pas cessé depuis de
servir dans la garde nationale du Port-au-Prince et aux avant-postes de
l'armée française. J'atteste de plus que le citoyen Chassériau n'a fait
aucune offre de service pendant tout le temps de la domination de
Toussaint-Louverture.»