Search billions of records on Ancestry.com

IMG_1187.jpg (209987 octets)
EXPOSÉ
SUR LE PROJET 
GRAND’ANSE

 

Andrée-Luce FOURCAND
fourcand21@hotmail.com

Avertissement : 

Note des Auteurs – Andrée-Luce Fourcand et Didier Gilles du Projet Grand’Anse, la première en tant qu’instigatrice, le second en tant que coopérateur, remercient chaleureusement les administrateurs du site Haïti Saint-Domingue de mettre en ligne les deux articles ci-contre. En signe de reconnaissance envers cette main tendue mais aussi pour leur signifier notre appréciation à l’égard de leur activité fabuleuse, nous habilitons monsieur et madame Manuel à incorporer dans leur base de données les informations généalogiques contenues dans le texte signé par Didier Gilles, à savoir : «Charles Auger, de la Saintonge à la Grand’Anse». Ce, sous l’unique condition de mentionner la source. Nous souhaitons que le lectorat en fasse une utilisation modérée et qu’il en indique aussi la référence. La monumentale recherche sur la population de la Grand’Anse est destinée à être publiée, le lectorat comprendra donc que les auteurs ne peuvent dilapider urbi et orbi le fruit de leur travail monacal. La reproduction à titre commercial est formellement interdite. Sur ces considérations, nous vous souhaitons bonne lecture. 

 


Carte remodelée par 
Mme A. Falligan Devergne


e Projet Grand’Anse est une recherche généalogique et sociale d’ envergure sur les familles du Cap Dame-Marie et de Jérémie. Ces deux paroisses du Quartier du même nom, pour garder les désignations de l’époque du XVIIIe siècle, sont situées à l’extrême pointe de la péninsule méridionale de la ci-devant Partie Française de l’Isle et Costes de Saint-Domingue et contemporaine République d’Haïti, depuis le 1er Janvier 1804.

       Voilà bientôt dix ans que pour faire passer de l’ombre à la lumière quelques 1,059 familles de ces localités et dépendances, temps, énergie, argenta ont été consacrés à compulser les registres paroissiaux, l’état civil, les minutes des notaires b . Lorsque ces derniers inscrivaient des références sur des actes passés par-devant d’autres confrères pratiquant en d’autres lieux de la colonie, elles ont été prises en considération. D’où les incursions vers l’Anse-à-Veau, l’Artibonite, Cap-Français, Cap-Tiburon, Jacmel, Léogane, Mirebalais, Petit-Goâve, Port-au-Prince, pour ne citer que ces endroits. L’examen, par la suite, de plusieurs fonds, de collections conservées tant en France qu’aux États-unis, a permis d’affiner l’index des patronymes et matronymes et d’établir une fiche individuelle substantielle pour chaque famille. Une troisième source s’est glissée parmi les officielles, celle des Papiers de famille qui ont été confiés à l’auteur de ces lignes par un des descendants d’une famille aux ramifications très étendues c . Les courriels échangés avec quelques personnes d dont l’ascendance démontre la présence des leurs dans ce coin de terre de Saint-Domingue, sont précieusement sauvegardés. Ces données supplémentaires ainsi récoltées ont été soumises à une contre vérification. Si d’aventure, il plaisait à d’autres individus de suivre cette inclination, nous en serions très honorés. 

CarteHaiti.jpg (197156 octets)
       Avant, pendant et entre les sessions de travail aux archives, les principaux ouvrages historiques sur Saint-Domingue ainsi que les multiples revues mettant en vedette la vie d’anciens colons ont également monopolisé de nombreuses heures de labeur. 

       Si tant et si bien, ce qui semblait être une utopie à l’origine, est actuellement une réalité. Nous en sommes à 80% du parcours archivistique. Nous prévoyons couvrir l’écart de 20% au cours des deux prochaines années. D’ores et déjà, il est possible d’amorcer la phase rédactionnelle de 200 monographies sur 500. Les familles étudiées (le terme famille étant employé dans son sens le plus large), toutes couleurs réunies, se répartissent en diverses catégories, à savoir : pour le groupe caucasien, mariages entre blancs (678) mariages entre blancs et négresses (2), mariages entre blancs et sang-mêlées (26), unions naturelles avec des négresses (10), unions naturelles avec sang-mêlées (15) ; pour les groupes Libres et Affranchis, mariages (115), unions naturelles (4), femmes seules avec enfants (209). La population répertoriée s’élève à 4,257 individus.

 

N.B. : pondération : le calcul tient compte des remariages. Cinquante-cinq (55) individus ont contracté un second mariage.


N.B. : ici s’incarne le phénomène de la « femme-jardin ». Des individus mariés, issus du groupe caucasien avaient une vie familiale en parallèle. Pondération : douze (12) - deux (2) avec des Négresses et dix (10) avec des Sang-mêlées.

N.B. : pondération : dix (10) individus ont contracté un second mariage, un (1) autre a convolé en troisièmes noces.

N.B. : pondération : dix (10) individus ont contracté un second mariage, un (1) autre a convolé en troisièmes noces.

 

      À l’aune de la moisson engrangée, la narration de l’histoire sociale de chaque famille, prendra en compte divers paramètres tels que : lieu d’origine, émigration, migration interne, acquisitions de propriétés, types de propriétés, nombre d’esclaves, alliances, donations, bonne fortune, revers de fortune, les jeux d’influence, les conflits d’intérêt, les démêlés judiciaires, les scandales, le préjugé de couleur, la fin de l’Eldorado, la fuite vers d’autres cieux plus cléments (Jamaïque, Cuba, Nouvelle-Orléans, Géorgie, Baltimore, Charleston, New York, France). Cette énumération n’est pas exhaustive, loin s’en faut ! Chaque texte sera suivi d’un tableau généalogique. Et, nec plus ultra, il a été possible de greffer une plus value à l’ensemble de ce magnum corpus, grâce à l’inestimable ténacité de monsieur Didier GILLES. De Port-au-Prince où il demeure, il a effectué un relevé systématique des registres de l’État civil allant de 1825 à 1850. 

DSCF2098.JPG (1181418 octets)
crédit photo :  Didier Gilles, septembre 2008 

À Jérémie, au Tribunal Civil, il a découvert le plus ancien registre d’état civil datant de 1825 et ainsi que d’autres de la commune de Jérémie entreposés dans un sac de riz. Cela ne s’invente pas !!!! Certains notaires lui ont donné accès à d’excellents crus, Cette quête acharnée permet d’établir une passerelle vers les patronymes qui se sont perpétués en Haïti après 1804. Il agence la mosaïque afin de rédiger également des monographies. 

       A titre d’exemple, voici, présentés à la volée quelques patronymes et matronymes : BATISOL, BERQUIER, BOCCALIN, BOUCHÉ, CANONGE, CASSARD, CHARDAVOINE, DANGLUZE, DELPECH, DESCOUFLER, ESTIENNE, FONDIN, FOURCAND, GIRARD, GÉRÉ DE LAMOTTE, HUGON DES DEMAINES, JOUBERT, KANON, LAMALÉTIE, LEMAIRE, LESASSIER, MAUGÉ, MEYNARDIER, MORON, NAVARRE, NICE, PAUVERT, PIAU, PIGAL, PRÉBOIS, ROBINET, SCHOONBERG, SORIN, SPECHBACH, ROBINET, TARDIEU, VÉZIEN DESOMBRAGES, YVONNET, MARTONNE, n.le , MARIE YOYO, n.l., MARGUERITE ATLAS dire LAROCHE, m.l., FRANÇOISE MINA, n.l., MARIE DANGOLI, n.l., VÉNUS DAQUIN, n.l., MARIE CLAIRE BELUNE, q.l., LAURINCE LACHAUME, g.l., MARIE ANNE JAMBOOR, n.l., RENAUTTE PALME, m.l., AZOR, q.l., BÉTOUZET, m.l., BINQUET, m.l., BLANCHET, q.l., BONCY, m.l., BOUCHERAU, m.l., BROH, m.l., CHASSAIGNE, m.l., CLERJO (CLERGEAU), m.l., DANDRESSOL, t.l., FOURCAU, t.l., HILAIRE, m.l., KERSALIO, m.l., LAFOND, q.l., LAFOREST, q.l., LIZAIRE, m.l., MAGLOIRE, m.l., MAHAU, m.l., MILLERY, m.l., PAYAS, m.l., PINAUD, q.l., SANSPRIX, m.l., ROCHER, m.l., TRÉVAN, m.l., VIARD, q.l., VIARD, q.l., VILNAIN, mestif, ZICAY dit ROO, m.l.

       Le Projet Grand’Anse sera donc publié en plusieurs volumes. L’ordre de la présentation des familles dépendra de l’état rédactionnel achevé des monographies. L’ordre alphabétique ne sera donc pas suivi. Cependant, un index respectant ce dernier sera disponible dans chaque livre. En ce qui a trait aux images qui enjoliveront les textes, il s’avère que l’iconographie sur Saint-Domingue est presque aveugle sur cette région. Et afin d’éviter de payer à fort prix des gravures qui ornent à satiété les pages des ouvrages traitant de cette ancienne colonie française, nous songeons à recourir au talent d’un illustrateur pour faire vivre à nouveau des scènes significatives de l’époque, ce, sous les traits de l’art naïf haïtien.

Le Projet Grand’Anse est né d’une frustration abyssale. Cette région est la parente pauvre de l’historiographie domingoise. MOREAU de SAINT-MÉRY y est passé au galop pressé, qu’il était, par le tourbillon de ses innombrables activités politiques métropolitaines, de boucler son immortelle Description topographique, physique, civile politique et historique de la Partie Française de l’Isle de Saint-Domingue. L’analyse de la bibliographie pléthorique relative à l’ancienne colonie esclavagiste et ségrégationniste de la France démontre que le Nord, l’Ouest et la bande du Sud ont été les terrains de prédilection d’éminents historiens, d’érudits évoluant dans les différentes sphères des sciences humaines. Un seul spécialiste se dégage de la tendance générale en la personne de monsieur David Patrick GEGGUS, qui, dans son monumental livre : Slavery, War, and revolution – The British Occupation of Saint Domingue 1793-1798 f , accorde un intérêt spécifique à la Grand’Anse. De l’examen des rares dissections généalogiques au sens stricto sensu, celles rédigées par d’anciens officiers de l’Armée française contemporaine et par des généalogistes élitistes, il ressort que l’attention n’est dirigée que sur les familles issues de la grande ou petite noblesse et à défaut, sur la haute bourgeoisie. Le commun des mortels ne pouvait rivaliser sur cet échiquier. Dans une certaine mesure, l’écart ainsi créé tend à se réduire avec la montée en scène des très instructives monographies du regretté Gabriel DEBIEN. Et l’horizon s’élargit encore sous la plume de Jacques de CAUNA. Le Projet Grand’Anse se distingue de ce schéma patent par une approche inclusive : toutes les familles blanches répertoriées, des humbles au plus nanties, sont des sujets à part entière.

GenDumas.jpg (666905 octets) Encore plus rarissimes les ouvrages, les articles relatant la généalogie et la vie sociale des familles noires et métissées. Les plus récents sont relatifs au Général Alexandre DUMAS, mulâtre (héros de la Révolution Française né à Jérémie et père du célèbre écrivain), à Julien RAIMOND, natif de Bainet, sont signés respectivement par Daniel ZIMMERMAN, Claude SCHOPP, Gilles HENRY, D. de la BARRE de RAILLICOURT, John D. GARRIGUSg  . Il s’ajoute aux rachitiques exposés sur les unions naturelles entre blancs et noires, le texte magistral de Rebecca J. SCOTT et Jean M. HÉBRARDh  sur la vie de ROSALIE, négresse libre, «femme-caye» du sieur Michel Étienne Henry VINCENT, propriétaire d’une habitation au Cap Dame Marie. Le Projet Grand’Anse se singularise par la prise en compte intégrale de ces citoyens. 

Cette enquête au long cours inédite et originale déchire le voile de l’oubli qui a trop perduré. Au concert des âmes s’invitent les éternelles et les mortelles au-delà de l’éternité, au-delà du temps fugitif.

Bien que nous n’en n’ayons pas terminé avec la recherche, nous tenons à exprimer nos très vifs et sincères remerciements anticipés au personnel des Archives Nationales Françaises. Nous pensons plus particulièrement aux conservateurs et conservatrices en titre aux Archives Nationales d’Outre-Mer sises à Aix-en-Provence. Ils s’adressent également à l’assistant archiviste et assistante libraire de la Bibliothèque George A. Smathers, de l’Université de Floride à Gainesville, qui nous ont laissés consulter à notre guise la très riche collection Papiers de Jérémie (notariat et Greffe). Nous manifestons aussi de la gratitude envers les amis qui n’ont eu de cesse de nous réitérer des encouragements. Qu’ils sachent qu’ils ont gardé à distance le spectre de mère solitude. Au moment opportun, une liste énumérera nommément chaque individu qui aura inséré, de près ou de loin, un fusible à cette fabuleuse odyssée. 

_________________

  1. Le Projet Grand’Anse ne bénéficie d’aucune subvention étatique ou privée. Cependant, « un bienveillant », assure, depuis 2007, les frais de déplacements. Sa générosité allège le poids de nombreux soucis.
  2. ANOM – Dépôt des papiers publics des colonies –Notariat. / Library George A. Smathers – University of Florida, Gainesville -Jeremy Papers – JP-SC-UFL. http://www.uflib.ufl.edu/spec/manuscript/guides/jeremie.htm
  3. Communication inestimable de monsieur Emmanuel de la BURGADE.
  4. Nous saluons l’amabilité de : Madame Marie Josée DELRIEU (famille du notaire GIRARD), Madame Simone POINT (famille KANON).
  5. Les acronymes : n.l., m.l., g.l., q.l., t.l., étaient couramment accolés aux patronymes dans les écrits de la période coloniale. Ils signifient respectivement : «nègre libre», «mulâtre libre» «grif libre », «quarteron libre», «tierceron libre».
  6. GEGGUS (David Patrick), Slavery, War, and revolution – The British Occupation of Saint Domingue 1793- 1798. Clarendon Press, Oxford, Great Britain, 1982.
  7. GARRIGUS (John D), The free colored elite of Saint-Domingue:The case of Julien RAIMOND, 1744-1801. Professor – History- Published as a PDF file on May 7, 2003 on http://users.ju.edu/jgarrig. Blue and Brown:Contraband indigo and the rise of a free colored planter class in French Saint-Domingue, on http://users.ju.edu/jgarrig.
  8. SCOTT (Rebecca J), HÉBRARD (J.M.), Les papiers de la liberté. Une mère africaine et ses enfants à l’époque de la révolution haïtienne. Revue Genèses – Sciences sociales et d’Histoire. No 66 – Paris, mars 2007.

______________________

 

Un Exemple de Monographie :
Charles AUGER

de la Saintonge à la Grand'Anse

                                                                                    Didier GILLES
didiergilles@hotmail.com

         Le temps était sombre ce jour-là dans les hauteurs de Jérémie... Dominique BINQUET, monté sur un cheval anglais, Guillaume LANOUE et le curé BOUZENAL venaient juste de franchir la clôture de l’habitation La Brunette, lorsqu’à l’embrasure de la porte d’entrée de la grande case apparut Renotte, les yeux embués de larmes et tendant les bras vers Dominique. Des nuages gris, charriés par un vent sec venant du nord, s’étaient enlisés entre la terre et le ciel. Quelques heures plus tard, muni des derniers sacrements, Charles AUGER, passa à l’orient éternel ; sitôt son âme séparée de son corps, un orage éclata. La mort était venue avec la pluie...  

 

Charles AUGER est né à Saint-Pierre d’Oléron, diocèse de Saintes, province de Saintonge, le 18 octobre 1706, fils légitime de Jacques AUGER et de Marie BROUHARD1 On ne connaît pas le motif réel de son embarquement pour les îles, cependant il demeure vraisemblable que, ses parents décédés et sa soeur Suzanne mariée, le jeune et dynamique Charles s’est engagé sur la route des Antilles aux alentours de 1730, la vingtaine alerte et la tête pleine de rêves d’abondance et de prospérité !

StDomingue1756.jpg (1788590 octets) Nous ne savons pas s’il a été influencé par ce que Gabriel DEBIEN nomme si bien le mécanisme de l’appel de clocher ou s’il s’est tout simplement laissé entraîner par  l’aventure, néanmoins, du moment où il a foulé le sol de Saint-Domingue, ce fils de bourgeois du Château d’Oléron, n’a pas hésité à prendre le chemin de la bonne fortune ! En effet, nous le retrouvons déjà avant 1736 en tant qu’associé et homme de confiance de Jean PAYAS dans l’exploitation d’une caféterie à Jérémie2. Il ne fait aucun doute qu’entre temps, Charles AUGER s’est bâti un réseau de relations assez influent, qui lui a permis d’être rapidement bénéficiaire en 1742 d’une concession de 120 carreaux terres par MM. le marquis de LARNAGE et MAILLART, alors Gouverneur & Intendant de Saint-Domingue3, lui conférant automatiquement le titre tant rêvé de « propriétaire habitant » des Isles et Costes de Saint-Domingue. 

Les minutes notariales n’étant pas disponibles pour les années antérieures à 1776 nous n’avons malheureusement pas eu la possibilité de suivre l’évolution de sa situation financière, mais il ne fait aucun doute que le sieur AUGER, doué d’un dynamisme naturel et de solides mérites personnels utilisa habilement le réseau de relations cité plus haut pour se faire une place dans l’administration coloniale car nous le retrouvons, après plus de quarante ans de vie coloniale, en tant qu’ancien receveur des droits du Roi et ancien curateur aux successions vacantes de la sénéchaussée de Jérémie. 

En dehors du respect que procure la prestigieuse fonction de curateur aux successions vacantes, faisant passer Charles AUGER de l’état de simple colon-habitant à celui de membre de l’administration coloniale, nous pensons que c’est surtout grâce à cette dernière qu’il a pu acquérir la plupart de ses biens et ainsi bâtir sa fortune, étant souvent mandaté par des héritiers Outre-Atlantique de liquider les biens de leurs parent décédés à Jérémie4  car, à la lecture de plusieurs documents nous avons remarqué que les commissions allaient jusqu’à 10% à prélever sur la masse de la succession... Signalons en passant que les 120 carreaux de terres obtenus par concession en 1742 sont vendus 14 ans plus tard, établissements et dépendances, à Gaspard LEBEAU pour la rondelette somme de 70 000 livres, montant considérable pour l’époque5

Le très respecté sieur AUGER a, à son actif, en dehors des maisons en location et des propriétés en ville, une habitation au Trou-Bonbon et une superbe habitation au quartier des Fonds-Rouges, où il a sa demeure, baptisée « La Brunette », nom très évocateur du charme et de la poésie qu’exerçait et qu’exerce encore le climat jérémien sur ses habitants.6

Tout en jouissant de tous les bienfaits que pouvait lui offrir sa situation, il n’a pas hésité à faire appel à son petit neveu Marc-Guillaume LANOUE, petit-fils de sa soeur Suzanne et de Guillaume LANOUE, qu’il a prit sous ses ailes et qui semble avoir bien suivi les préceptes de l’oncle, puisque nous le retrouvons à moins de trente ans au début des années 1780 propriétaire d’une habitation à l’Anse du Clerc non loin de Jérémie, vivant des jours paisibles aux côtés d’une mulâtresse, et entouré de quatre petits quarterons... 

Le 26 mars 1773 7, « considérant la certitude de la mort et l’incertitude de son heure » Charles AUGER rangea, tard dans la nuit, un paquet scellé de quatre cachets en cire rouge parmi ses papiers : il venait de mettre de l’ordre dans ses affaires temporelles. 

A la lecture de ce testament olographe, nous avons l’impression que le sieur AUGER fut un homme animé par les plus hautes vertus du coeur ! Avons-nous dit vertus ?... En étalant sous nos yeux les documents qu’il signa quelques années avant sa mort, un simple regard porté sur sa signature un peu maladroite, précédée de  trois points fermée de deux traits obliques, nous avons compris qu’il fut franc-maçon, et, la franc-maçonnerie, n’est-elle pas, selon ses membres, la mise en pratique de toutes les vertus ? II est à se demander comment cet homme animé par des idéaux d’humanité et de bonté eut à considérer un système aussi inhumain, cruel, opportuniste et rempli de préjugés qu’était le système colonial saint-dominguois ? 

S’il ne pouvait dans certaines situations, agir ouvertement, du fait de sa position sociale, nous voyons, à la lecture de son testament et de son codicille qu’il était tout au cours de sa vie entouré de gens de couleur et qu’il s’est également arrangé, contournant allègrement les préjugés et les interdits, pour avantager trois mulâtres, rejetons de sa négresse affranchie Renotte Bossy, pour lesquels il a des considérations très paternelles ! 

eglisejermie.jpg (24621 octets)En effet, en dehors des legs que fait le sieur AUGER à l’église Saint-Louis de Jérémie, nécessitant entre autres une nouvelle bâtisse, et des legs faits à de nombreuses personnes tels sa soeur, ses nièces et son petit-neveu 8 , à quatre mulâtres, fils de Marie-Anne, négresse libre9, à Dominique BINQUET, son homme de confiance, à la femme et à la fille de ces derniers, filleule du testateur10, et des recommandations en vue d’affranchir quelques fidèles esclaves…nous sommes étonnés de voir comment il prend toutes les dispositions11 pour élever trois mulâtres nés dans l’esclavage au rang de propriétaires. 

Outre ses multiples pièces d’argenterie et des esclaves qu’il laisse aux enfants de Renotte BOSSY, son affranchie actuellement à son service, Charles AUGER leur lègue une habitation de plus de 60 carreaux de terre au Trou-Bonbon qu’il avait fait arpenter, en précisant : « je veux qu’elle soit remise sitôt mon décès aux dits mulâtres et mulâtresses pour être employée et gérée à leur profit sans aucune difficulté », en prenant bien le soin de leur laisser 10 têtes de nègres qui seront rattachés à ladite habitation.12  

Pour sa chère négresse affranchie Renotte, les termes employés sont empreints d’une grande sensibilité : « le testateur veut et entend qu’elle soit nourrie et entretenue sa vie durant sur l’habitation de ses enfants et qu’il soit prélevé sur les revenus de ladite habitation la somme de quatre cents livres tous les ans pour subvenir à ses aliments et entretiens ». 

Sachant que nulle part il n’est fait mention d’un quelconque mariage qu’il a eu à contracter, n’est-on pas porté à se questionner sur la nature des relations qu’il entretenait avec Renotte BOSSY ? Marie Jeanne, Antoine et Jean Louis sont-ils les enfants naturels de Charles AUGER? 

 De tous les documents que nous avons consultés jusqu’ici, aucun d’eux ne fait mention d’une quelconque filiation entre ces mulâtres et le sieur AUGER13 sauf que dans l’acte de mariage de Marie Jeanne BÉDARY, il est bien précisé qu’elle est la fille naturelle de Laurent AVRIL, vivant charpentier à Jérémie et que le sieur AUGER lui-même dans son testament olographe, les cite en tant que Marie Jeanne, Antoine et Jean Louis AVRIL, tandis que dans son codicille ils sont appelés Marie Jeanne BÉDARY, Antoine ALTAMOR et Jean Louis SANSPRIX, noms sous lesquels ils sont parfois désignés dans les actes jusqu’au décès du sieur AUGER en 1779.  fussell_fig02b.jpg (72593 octets)

 A partir des années 1780, Antoine d’abord, Marie Jeanne ensuite puis fort tardivement Jean Louis, ajoutèrent le patronyme de leur bienveillant et bienfaiteur à leur prénom. Preuve de filiation, preuve de reconnaissance et d’affection, usurpation de patronyme ? Quoi qu’il en soit, c’est bien grâce à eux et plus particulièrement à Jean Louis que le patronyme AUGER a pu traverser les années de troubles et de guerres, où la ci-devant prestigieuse et riche colonie de Saint-Domingue, avantageusement exploitée pendant plus d’un siècle et demi, à feu et à sang, vivait les terribles heures des réclamations d’égalité politique exigée par les hommes de couleur, des démêlés des esclavagistes de tout crin avec le gouvernement central et des horreurs de l’insurrection des ateliers d’esclaves ! 

Pendant que tout se déchaînait ainsi, Charles AUGER, fils de bourgeois de l’île d’Oléron était loin, très loin à l’est14, dans la plus éloignée des constellations éternelles, jouissant de son séjour au rang des bienheureux !


PORTEURS DU PATRONYME  

AUGER 

DE LA SAINTONGE A LA GRAND-ANSE   

FAMILLE AUGER EN SAINTONGE    

  1. Jacques AUGER (o Château d’Oléron, Saintonge, France + av. 1727), fils d’Izaac AUGER et de Jeanne RENAUD

x Château d’Oléron, Saintonge, France 22.02.1702 Cm 18.12.1701, Suzanne Marie BROUHARD (o Château d’Oléron, Saintonge, France + av. 1727), fille de François BROUHARD et de Marie GEOFFROY, décédés avant 1701. 

                           1.1. Suzanne AUGER (o..., Saintonge, France + ap.1779)

x Saint-Georges d’Oléron, Saintonge, France 21.01.1727 : Guillaume DELANOUE, fils de Jean DELANOUE et de Marie  BLANCHARD, décédés avant 1727, dont : 

1.1.1 Guillaume LANOUE époux de Marianne COUZEAU, dont :

1.1.1.1       Marc Guillaume LANOUE 15 (Annexe I)

1.1.1.2       Suzanne LANOUE

1.1.1.3       Marie LANOUE

1.1.1.4       Julie LANOUE              

               1.1.2 Marie  LANOUE épouse HERAUD

               1.1.3 Suzanne LANOUE épouse CHAPRON 

1.1.2 Charles AUGER (o Saint-Pierre d’Oléron, Saintonge, France 18.10.1706 b. 20.10.1706 + Jérémie, Saint-Domingue 27.04.1779 (+) 28.04.1779)


PORTEURS DU PATRONYME  

AUGER 

Généalogie descendante en Haïti

 

1. Marie Renotte BOSSY, négresse libre affranchie par le sieur AUGER le 09.03.1771. Ses trois enfants mulâtres : Marie Jeanne BÉDARY, Antoine ALTAMOR et Jean-Louis SANSPRIX porteront tous le patronyme AUGER après le décès de Charles AUGER en 1779. A noter qu’il est fait mention de Laurent AVRIL, blanc, charpentier, comme père de Marie-Jeanne BÉDARY dans l’acte de mariage de celle-ci.

Article I

1.1  Marie Jeanne AUGER, ci-devant Marie Jeanne AVRIL puis Marie Jeanne BÉDARY, mulâtresse libre suivant son acte de liberté en date du 09.03.1771

x Jérémie 09.05.1778, Cm 04.05.1778 : Jean Cadet ATLASSE, mulâtre libre, connu autrefois sous le nom de SAUVANELLE (o Jérémie, b. 21.09.1757), fils naturel de sieur Jean SAUVANELLE, vivant praticien et de Marguerite LAROCHE dite Marguerite ATLASSE, mulâtresse libre, dont au moins 3 enfants : 

1.1.1       Marguerite ATLASSE (o Jérémie 27.08.1779 b. 19.08.1780 P. Maître Hippolite DUBOIS, greffier en cette juridiction de Jérémie. M.  Marguerite ATLASSE, dite LAROCHE)

1.1.2       Marie Jeanne ATLASSE (o Jérémie 12.08.1782, b. [fin octobre] 1782 P. Antoine (AUGER), mulâtre. M.  Renotte, négresse libre)

1.1.3       Jean François ATLASSE (o Jérémie 23.02.1786, b. 30.01.1787 P. François BOUCHEREAU, M. Marguerite Thérèse Gertrude SAUVANELLE,  Vve de Guillaume VIARD) 

Article II

1.2 Antoine AUGER, ci-devant Antoine AVRIL, puis Antoine ALTAMOR, mulâtre libre selon son acte de liberté du 11.11.1766, économe sur l’habitation de Charles AUGER

* Marie Suzanne Anne dite La Belle Oraphane, mulâtresse libre, affranchie selon son acte de liberté homologuée par Messieurs les Général et Intendant le 17.11.1779, dont un enfant16  :

 1.2.1 Jean François Gabriel AUGER (o Jérémie 02.05.1788, b. 07.07.1788 P. François GENISTE, griffe libre, charpentier M. Françoise ROCHER, mulâtresse libre)  

Article III

 1.3 Jean Louis AUGER, ci-devant Jean Louis SAUMON dit SANSPRIX,17  mulâtre libre selon son acte de liberté du 11.11.1766, cavalier de maréchaussée, habitant dans les hauteurs du Trou-Bonbon

x Jérémie 27.09.1783, Cm 27.09.1783 : Julienne Célestine DAVID, ci-devant Julienne Célestine BELGOR (o Jérémie, b. 07.04.1765 + Jérémie av.1826), fille naturelle de Marie Anne JAMBOOR, négresse libre, ménagère sur l’habitation de Jean Michel DAVID, dont au moins un fils : 

1.3.1 Jean Gabriel Auguste AUGER (o Jérémie ca. 1806 + Jérémie 13.03.1826)

*  Marie Louise Adélaïde WAINWRIGHT, dont : 

1.3.1.1 Jean Charles Julien Thomas Démosthène AUGER (o Jérémie ca. 1825 + Port-au-Prince...)

x Port-au-Prince 11.01.1847 : Renée (ou Reine) Elisabeth Hélomie LESAGE (o Port-au-Prince 16.08.1826 + Port-au-Prince...), fille légitime de Louis LESAGE, colonel directeur du génie militaire de Port-au-Prince et de René Laurince Héloïse MORISSEAU 

Descendance : AUGER, FILS-AIME, PAUL, FLORVILLE, FABIUS.

  

ANNEXE I

 Il y avait à Jérémie, une Eugénie AUGER, compagne de Jean Michel PHILIBERT, qui pourrait être une fille d’Antoine Altamor dit AUGER. Jusque vers le mileu du 19e siècle, ses descendants sont présents soit à titre de parrain soit comme témoins dans les actes concernant les LANOUE.

 1. Eugénie AUGER (o Jérémie + av. 1849)
* Jean Michel PHILIBERT 

            1.1 Georges PHILIBERT, arpenteur public

X Jérémie 05.01.1849 : Louise Jeanne Mazélie GAILLARD (o Jérémie ca.1815) fille de François GAILLARD et de Zabeau SAVIGNE dont 

1.1.1       Jean-Baptiste PHILIBERT (o Jérémie ca.1834)

1.1.2       Marie Louise PHILIBERT (o Jérémie 20.12.1836)

1.1.3       Marie Louise Jeanne (o Jérémie ca.1838)

1.1.4       Pierre Phoncion PHILIBERT (o Jérémie ca.1840)

1.1.5       Louis Joseph PHILIBERT (o Jérémie 30.06.1844)

1.2 Joseph Dominique Aldé PHILIBERT (o Jérémie ca. 1809)

X Jérémie 09.05.1849 : Marie Marthe LATIBAUDIERE (o Jérémie ca.1817) fille de François LATIBAUDIERE et de Lice ETIENNE 

1.3 Losue PHILIBERT (o Jérémie 1811-1812 + Jérémie 27.07.1848)
* Alcine TESSIER

             1.3.1 Attilia PHILIBERT

1.3.2 Louis Joseph Pierre dit Dusincourt PHILIBERT (o Jérémie 31.06.1847 + Jérémie 05.03.1890) 

1.4 Georges Georjon PHILIBERT (o Jérémie ca.1826 + Jérémie 11.06.1830)

Descendance : EUSTACHE, FOURCAND, AZOR, COUBA

 

ANNEXE II

  Descendance de Marc Guillaume LANOUE

1. Marc Guillaume LANOUE (Chateau d’Oléron, ca.1758 + Jérémie ap.1798)
* Elizabeth TERRIEN, dite Zabeth LANOUE, mulâtresse libre (o Jérémie av. 1744 b. 01.01.1744 + Jérémie 07.08.1827) 

1.1        Marc LANOUE (o Jérémie 12.02.1779 b. 11.07.1779 P : Daniel         BOTEAU M. Claudine MICHAELI)

1.2    Jean-Baptiste Vilfrid LANOUE

1.3    Dominique Casimir LANOUE

1.4    François Vital LANOUE (o Jérémie 25.07.1784 b.11.10.1784 P.         François BERNARD M. Françoise BINQUET, épouse de Michel    Damel ROCHER + Jérémie 03.06.1827) 

Descendance à Jérémie :

 A) Branche de Marie Catherine Félicie LANOUE épouse LATAILLADE qui peut être rattachée à Dominique Casimir LANOUE

1. Marie Catherine Félicie LANOUE (o Jérémie + Jérémie ap.1849)
X Jérémie : Louis Joseph LATAILLADE (o Jérémie + Jérémie 04.08.1830) 

1.1 Louis Joseph dit Déferville LATAILLADE (o Jérémie ca.1821 + Jérémie 30.11.1867)
X Jérémie 09.11.1847 : Luce Erice CHASSAGNE (o Jérémie ca.1817) fille de Benjamin CHASSAGNE et de Marie Jacqueline Eulalie DETRY

1.1.1       Marie Louise Catherine LATAILLADE (o Jérémie 01.09.1848)

1.1.2       Louis Joseph Françoise Marie Dominique LATAILLADE (o Jérémie 25.12.1850)

1.1.3       Marie Anne Thérèse Monique LATAILLADE (o Jérémie 10.11.1852)

1.2 Jean-Baptiste Nerva LATAILLADE (o Jérémie ca.1824)
X Jérémie 24.01.1849 : Marie Madeleine NICOLAS (o Jérémie ca.1825) fille de Bernard Pressigny NICOLAS et de Marie Rose Fleuricette LEDUC 

1.2.1 Bernard Jean-Baptiste LATAILLADE (o Jérémie 25.02.1849) jumeau

1.2.2 Louis Joseph Nicolas LATAILLADE (o Jérémie 25.02.1849 + Jérémie 14.03.1920) jumeau

1.2.3 Louis Joseph Marie Athanase LATAILLADE (o Jérémie 05.07.1851)

1.2.4 Louis Honoré Marie Dominique LATAILLADE (o Jérémie 24.04.1853)

Descendance : LATAILLADE, BLANCHET,

DEGRAFF, CHASSAGNE, GUILBAUD, HILAIRE, PAPILLON, BALMIR, LESTAGE  

 

B) Autre branche des LANOUE, parente à la précédente. On n’a pas encore trouvé le nom du père de Louis Joseph Miot LANOUE.

 1. Louis Joseph Miot LANOUE
* Salie ALCÉGAIRE

            1.1     Paul LANOUE, compagnon d’Edmée CLERMONT

1.2         Jean-Baptiste Racine LANOUE (+ Jérémie 07.04.1890)

1.3         Hermante LANOUE

1.4         Perceïze LANOUE, épouse Eudamus CHÉRON

 Descendance : LANOUE, ALLEN, LAVAUD, CHÉRON

 


  1. Acte de Baptême de Charles AUGER, aimablement fourni par Pascale GRANDADAM Richard.  

  2. Notification de l’existence du testament de Jean PAYAS, Bayonne, France, 1736, par communication de M. DOUYROU à A-L FOURCAND.

  3. Concession de 120 carreaux de terre accordée le 30.06.1742 à Charles AUGER à la Ravine des Sables, dépendance du Cap Dame-Marie. Réf. : Inventaire de la succession de François MARTINEAU, 19.12.1797.  ANOM, Aix-en-Provence, France. LAYNÉ,  DPPC -NOT SDOM 1197.  

  4. On le retrouve, par exemple, en 1778 dans les minutes du notaire GIRARD, achetant de Simon REYNAUD un emplacement sis à la rue de la Marine à Jérémie ; fait intéressant qui a attiré notre attention : le sieur REYNAUD avait acheté ledit emplacement du sieur AUGER en 1769, ce dernier étant alors chargé de la procuration de Léon PEREIN, exécuteur testamentaire du feu sieur Thomas PEREIN. Réf. : Vente d’une maison par le sieur REYNAUD au sieur AUGER, 18.12.1778, ANOM, Aix-en-Provence, France. GIRARD,  DPPC -NOT SDOM-793.  

  5. Contrat de Vente entre Charles AUGER et Gaspard LE BEAU passé par devant Mes. SAVORET et PLASTRIER, notaires à Léogane le 09.12.1756 cité dans l’inventaire de la succession de François MARTINEAU, op. cit.  Les minutes de ces notaires ne sont pas conservées ni aux ANOM, ni dans la collection Papiers de Jérémie (Jérémie Papers).  

  6. Dans certains actes notariés du début du 20e siècle, ce lieu est appelé « Brunette », ayant perdu le « la » au cours des décennies.  

  7. Testament olographe de Charles AUGER, retranscrit, précédé de son codicille le 03.04.1779. ANOM, Aix-en-Provence, France. ROBINET-DPPC- NOT SDOM-1562.  

  8. Marie Suzanne AUGER Vve Guillaume LANOUE et ses enfants : Guillaume LANOUE (père de Marc Guillaume LANOUE qui avait rejoint son oncle à Jérémie et qui possédait une habitation à l’Anse du Clerc), Marie LANOUE épouse HERAUD et Suzanne LANOUE épouse CHAPRON, vivant en France.

  9. Joseph AUGER, Charles PAYAS, Jean-Baptiste D. JAMBOR, et Jean-François surnommés BONHOMME recevant chacun 3 000 livres, quels liens ont-ils entretenus avec Charles AUGER ? Particulièrement ce Joseph AUGER ?  

  10. Dominique BINQUET, mulâtre libre, avait épousé Elizabeth MAIGNAN, une mulâtresse libre et en avait eu deux filles : Marie Françoise, dont le contrat de mariage avec Michel DAMEL dit ROCHER avait été rédigé le même jour que celui de Marie Jeanne BÉDARY avec Jean cadet ATLASSE sur l’habitation La Brunette, et Charlotte. Dominique BINQUET a vécu très proche du sieur AUGER, et il était même économe d’une habitation que ce dernier possédait au Trou-Bonbon. Le couple BINQUET-MAIGNAN sont les ancêtres des familles ROCHER, MALLET-MANGONÈSE-CORVINGTON & BALMIR.  

  11. Lors de la rédaction du contrat de mariage de Marie Jeanne BÉDARY, le sieur AUGER désigné comme bienveillant et bienfaiteur de la future épouse, lui avait fait don de 20 carreaux de terre à prendre sur une habitation au Trou-Bonbon indivis avec Antoine et Jean Louis, ses frères. Contrat de mariage de Jean ATLAS et de Marie Jeanne BÉDARY, passé sur l’habitation La Brunette le 04.05.1778, ANOM, Aix-en-Provence, France. GIRARD-DPPC-NOT SDOM-793. Acte de mariage le 9.05.1778. BMS-Jérémie 1778.  

  12. Cette habitation, au début du 20e siècle était appelée « habitation Jean-Louis AUGER ». Les 28 derniers carreaux ont été vendus en septembre 1904 par Auguste AUGER, descendant de Jean-Louis. Réf. Minutes du notaire Pétion BONCY, étude de Me René CAYEMITTE, mis à notre disposition pour consultation par Gardy CAYEMITTE.  

  13. Signalons en passant que Renotte BOSSY avait été affranchie, probablement par Charles AUGER, en 1771 en même temps que sa fille Marie Jeanne, tandis qu’Antoine et Jean Louis furent affranchis cinq ans auparavant en 1766. Réf. : Contrats de Mariage de Marie Jeanne BÉDARY, de Jean Louis SANSPRIX (op. cit.) et baptême de Jean François Gabriel, fils d’Antoine ALTAMOR, le 07.07.1788.  

  14. Monsieur Charles AUGER est décédé le 27.04.1779, sur son habitation La Brunette. Il a été inhumé au cimetière de Jérémie le 28.04.1779. BMS-Jérémie 1779.  

  15. Testament de Marc Guillaume LANOUE, 12.08.1798, JP-SC-UFL, NR DOBIGNIES [9-234], Jérémie Papers, George A. Smathers Library, University of Florida, Gainesville, USA.

  16. BMS –Jérémie 1788. - On retrouve à Jérémie un Jean-Baptiste AUGER, sur lequel nous n’avons aucune information. 

  17. Contrat de mariage de Jean Louis Saumon dit SANSPRIX et de Julienne Célestine BELGOR, 27.09.1783. ANOM, Aix-en-Provence, France. GIRARD, DPPC-NOT SDOM-796. Acte de mariage : BMS –Jérémie 27.09.1783.


Autres sources :

Extrait des registres de décès du bureau de l’état-civil de la commune de Jérémie, 1826, Jérémie Papers, Greffe, George A. Smathers Library, University of Florida, Gainesville, USA.

Registres d’état-civil, Jérémie 19e et 20e siècle, Archives Nationales d’Haïti, Port-au-Prince, Haïti.  

Registres d’état-civil, Port-au-Prince, Naissances 1826 & Mariages 1845-1847, Archives Nationales d’Haïti, Port-au-Prince, Haïti.


 

DSCF2097.JPG (1240672 octets)
cliquez pour agrandir

« Quelques photos prises par Didier Gilles au mois de septembre 2008 
donnent une idée de l’état des archives 
qu’il a consultées au parquet du Tribunal civil de Jérémie. »

DSCF2100.JPG (1232365 octets)
cliquez pour agrandir
DSCF2099.JPG (1158203 octets)
cliquez pour agrandir

_______________________________________________

                                                                                                             

Powered by
Free Web space provided by RootsWeb 
Un site créé et renseigné par

Estelle et Jean-Paul Manuel © 1997-2008

haiti.saintdomingue@gmail.com