Search billions of records on Ancestry.com

 
 
 

Revue de livre
par
 Roger Hétu 
 12 mars 2006 

 

 

 

 L'auteur, Stuart Trueman est natif de St-Jean Nouveau-Brunswick.

Description:
À partir du journal de John Gyles, publié en 1736 et d'une recherche historique de l'époque, Trueman a reconstruit la vie du premier résident anglophone du Nouveau-Brunswick.

Le 2 août 1689, lors d'une attaque par les amérindiens de la confédération Penobscots-Abénakis-Malécites-Mi'kmaq dirigée par les français, John Gyle fut capturé à Pemaquid.

Ce jeune garçon de 9 ans devint ainsi l'esclave de O-ski-tchin, un Malécite de la région de Méductic.

Tantôt torturé par les Malécites et les Mi'kmaq, tantôt traité en fils par ses maîtres, ce jeune garçon y apprendra leurs langues, us et coutumes, techniques de chasses et de la construction de leur fameux canot d'écorce.

L'auteur nous décrit de façon vivide les huit années d'épisodes à la fois tragiques et fascinants. «Chon», comme on l'appelait maintenant, fut témoin de l'organisation des raids de la Nouvelle-Angleterre, et de l'arrangement entre les tribus, autrefois ennemies; Mi'kmaq, Malécites, Abénaquis (Confédération Wabanaki). Il a vu le rôle que jouait le prêtre dans ces opérations, tantôt en tant que clergé tantôt en tant qu'émissaire des autorités françaises.

Cet esclave qui parlait anglais, malécite et mi'kmawísimk ajouta à son bagage le français car il fut un jour racheté par Louis D'Amours, sieur de Chauffours, sieur de Jemseg.

Il fut ainsi mêlé aux intrigues des frères D'Amours avec Villebon. Ce dernier semblait aux habitants du fleuve Saint-Jean, plus dangereux que les anglais...

Grâce à sa loyauté envers la famille D'Amours lors de l'attaque de Jemseg et Nashouac par Benjamin Church, John Gyles obtint sa liberté. Il rejoint ainsi sa famille à Boston le 19 juin 1698.

Avec ses connaissances des langues et traditions des Malécites, Mi'kmaq et Français il devint rapidement un intervenant important au service des gouverneurs du Massachusetts. Jusqu'à la publication de son journal en 1736, John Gyles avait participé à la plupart des engagements militaires de cette époque.

 
  Commentaires:
La lecture des péripéties de John Gyles vous fait vivre toute l'histoire acadienne sous plusieurs perspectives: anglaise, française, malécite, mi'kmaq. De cette façon on comprend mieux les litiges entre les empires, les peuples, les religions ainsi que leurs importances dans la vie quotidienne du colon. Le cauchemar d'un puritain de la Nouvelle-Angleterre n'était pas d'être capturé et torturé physiquement par les amérindiens. Le pire était d'être envoyé au Canada et d'y perdre son âme par l'intervention d'une robe noire..