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Lanaudière
(Informations
provenant du livre «Les Acadiens du Québec»,
P.M. Hébert, pp 257-272 et de «L'Histoire de
l'Assomption» Christian Roy)
Lanaudière: région au nord-est
de Montréal comprenant les comtés de Berthier,
Joliette, Montcalm, et L'Assomption.
On a répertorié plus de 125
familles de l'ancienne Acadie dont les enfants se sont
mariés dans la région Lanaudière.
Amireau, Arseneau, Barolet, Béliveau,
Benoit, Bernard, Bertrand, Blanchard, Boudrot, Bourg/Bourque,
Bourgeois, Breau, Comeau, Cormier, Doiron, Doucet, Dugas,
Dupuis, Fontaine, Forest, Garceau, Gaudet, Gauterot/Gautrot/,
Gaudreau/Goudreau, Girouard, Granger, Guédry/Guidry/Guildry-Labine,
Hébert, Johnson/Janson/Jeanson, Landry, Lanoue, Leblanc,
Levron, Lord, Marchand, Martin-Barnabé, Melanson
/ Mélançon, Pellerin, Petiteau-Sincenne/St-Seine/St-Pierre,
Poirier, Préjean, Raymond, Richard, Robichaud, Roy,
Savoie, Thériault/Terriot, Thibodeau, Vincent.
L'historien Francois Lanoue évaluait
en 1990 qu'il y avait plus de 30 000 descendants acadiens
dans la région Lanaudière. Il y a donc autant
sinon plus de descendants acadiens dans cette seule région
qu'il y a de descendants acadiens francophones en Nouvelle-Écosse.
Voir Saint-Jacques,
une nouvelle Acadie , Les Collections Numérisées
du Canada
Il y a eu trois vagues importantes dans la
venue des Acadiens.
Le premier groupe, de 1759 à 1766,
était formé de réfugiés, ayant
fuit la déportation ou ayant mutiné le vaisseau
Pembrooke les déportant.(Denis Petiteau-Sincenne,
Capitaine Louis Fontaine dit Beaulieu, Charles Belliveau,
Charles Dugas, Joseph Guilbault, et Pierre Goudreau du Pembrooke)(Autres
réfugiés de Beaubassin et Menoudy: Girouard,
Doucet, Girouard, Martin-Barnabé, Poirier, Savoie,
Comeau, Forest, Arseneau, Cyr, Landry.)
Le deuxième groupe, environ
100 personnes (13 familles) qui reviennent d'exil de la
Nouvelle-Angleterre en 1766. La plupart des familles
de ce groupe étaient des Landry ou reliés
aux Landry. (Landry, Breau,Bourgeois, Leblanc, Dupuis, Hébert,
Guidry.). Ils étaient attendus. Le curé Degeay
avait tout prévu. Les Acadiens du premier groupe
logèrent les enfants. Les marchands transformèrent
leurs entrepôts en centres d'accueil. Un prêtre
leur était attitré. Nombreux furent les bienfaiteurs
dont plusieurs devinrent les parrains marraines des enfants
baptisés après leur arrivée.
Le troisième groupe, de loin
le plus nombreux (35 familles) est arrivé en 1767.
(Landry, Fontaine, Dugas, Forest, Hébert, Janson,
Amireau, Dupuis, Lord, Richard, Leblanc, Bourque). Ils venaient
du Massachusetts; Boston, Salem, Waltham et du Connecticut;
Pomfret Center, Norwich, New London. Certains vinrent par
bateau (240 Acadiens quittèrent Norwich vers Québec
sur le Pitt) d'autres en partie à pied en partie
dans de petites embarcations via Albany, le lac Champlain,
la rivière Richelieu.
À ces trois groupes il faut ajouter
les nombreuses migrations avant la fin du 18ième
siècle des Acadiens de partout (États-Unis,
ailleurs au Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse,
Île-du-Prince-Edouard, St-Pierre-Miquelon et France)
,qui cherchaient à se rassembler en famille. Les
Acadiens de France traversaient l'Atlantique sur les bateaux
jersiais à destination des ports de pêche de
la Gaspésie, sur les bateaux à destination
de St-Pierre-Miquelon et sur les bateaux en direction de
la Louisiane.
C'est la seigneurie de St-Sulpice (Plusieurs
des missionaires de l'Acadie étaient des Sulpiciens)
qui attirait tant les Acadiens. Les Sulpiciens leur octroyaient
des terres fertiles de 40 arpents. Chaque famille recevait
une vache, de la farine, du lard et des instruments aratoires
(durant des années de disette et de famine). Le curé
Degeay, de l'Assomption, un sulpicien, les recevait à
bras ouvert et y mit une bonne part de sa fortune personnelle.
Les Acadiens Lanaudois étaient d'abord
reçus et logés à L'Assomption. On leur
octroyait des terres sur les rivages de la rivière
L'Assomption et de ses affluents (riv. Achigan, riv. St-Esprit,
ruisseau Vacher, ruisseau St-Georges).
Ils ont fondé St-Jacques-de-la-Nouvelle-Acadie
qui devint St-Jacques-de-l'Achigan (aujourd'hui St-Jacques-de-Montcalm).
Plus tard les paroisses Ste-Marie-Salomé, Ste-Julienne,
St-Alexis et St-Ligouri se détachèrent de
St-Jacques. Le curé de la Nouvelle-Acadie, Jean-Baptiste
Bro, étant lui-même acadien et ayant connu
la déportation était bien placé pour
attirer les Acadiens chez lui.
Les Acadiens de Lanaudière connaissent
et sont fiers de leur souche. À St-Jacques, lors
de la célébration du bicentenaire de la déportation,
25 000 personnes étaient venues assister à
la pièce de théâtre «Jeu de l'Ave
Maris Stella». Ce spectacle évoquait la joie
de vivre au village de Grand-Pré, suivi de la dispersion
pour aboutir à l'apothéose de la résurrection
acadienne à St-Jacques.
Encore aujourd'hui (2006) on fête le
tintamarre à chaque année à St-Ligouri.
Les festivités acadiennes des paroisses St-Jacques,
Ste-Marie-Salomé, St-Ligouri, etc.. ont habituellement
lieu à la fin de semaine la plus rapprochée
du 15 août, la fête de Notre-Dame de l'Assomption.
En parcourant la région Lanaudière on voit
un peu partout le tricolore étoilé.
Les jeunes des années 1950 taquinaient
quelquefois le parler des vieux de St-Jacques qui utilisaient
le vieux français acadien. Suite à la régionalisation
de l'éducation, aujourd'hui seules quelques expressions
ou regionalismes laissent deviner le langage du passé.
Quoique fiers de leur passé, ces Acadiens
se distinguent de leur cousins dit de la mer (Gaspésie,
Îles-de-la-Madeleine, Côte-Nord, NB, N-É,
I-P-E) en ce qu'ils sont intégrés à
la culture québécoise. On ne reconnait pas
chez eux l'influence de l'Acadie comtemporaine; en particulier
le fort sentiment d'appartenance et la volonté politique
de préserver la culture distincte des Acadiens «de
la mer».
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